Yannis

Aide-soignant (Paris)

« Le maître-mot c’est la confiance. Je n’ai plus du tout confiance dans ce gouvernement. »

Yannis habite avec un bébé de 2 ans dont il a la garde alternée. Il travaille à la Pitié-Salpétrière depuis 2012. Il est en arrêt maladie depuis août 2021, en demi-solde car il avait déjà eu 3 mois d’arrêt en début d’année 2021.

Je suis en service d’unité de chirurgie ambulatoire. Au début du premier confinement ça a été vraiment dur, parce qu’on s’est retrouvés dispatchés à droite et à gauche. Les conditions de travail c’était sacs poubelle, pas de masque… Et celui qui avait le covid-19 devait quand même venir travailler. Symptomatique ou pas, fallait qu’il vienne. C’est pour ça qu’il y a une grande incohérence, maintenant, à nous suspendre.

Dans mon service beaucoup d’interventions avaient été annulées. Nous n’étions pas en relation directe avec les réas. C’est quand on allait prêter main-forte à des collègues dans les étages qu’on voyait les conditions dans lesquelles ils travaillaient. On s’est vite enfermés dans un travail anxiogène. Avec ma situation personnelle, qui n’était pas simple, je me suis effondré J’ai été suivi par un psychiatre, qui m’a arrêté trois mois, sachant qu’à cette époque-là j’ai quitté le foyer familial. Donc je me suis retrouvé dans une galère pas possible à dormir dans ma voiture, une fois ou deux à l’hôtel, à être hébergé chez des amis…

Au 2ème confinement, le self a été fermé pendant plusieurs mois pour être transformé en réanimation ou en unité de soins intensifs, afin de faire face à une 3ème ou une 4ème vague. Ça n’a jamais fonctionné, aucun patient n’a été admis dans ce service. Ils ont mis des arrivées d’oxygène, des séparations entre chaque lit, etc. et tout ça pour rien, ça n’a jamais servi ! Quelques mois plus tard, c’est redevenu un self.

Dans mon service je suis le seul à ne pas être vacciné sur une quinzaine de personnes. Je refuse la vaccination Covid parce qu’il y a beaucoup d’effets secondaires (embolies pulmonaires, AVC, etc.) et parce que des traitements existent, comme l’hydroxychloroquine, l’ivermectine, qui ont tous donné de bons résultats s’ils sont pris dès les premiers symptômes. Et ils sont interdits…

Une de mes collègues, bien que double-vaccinée, a quand même attrapé le covid deux fois. Et ce qui me surprend c’est que le service n’a pas été mis en quarantaine. On entend parler des clusters, mais mon service n’a pas été fermé. Même vacciné on peut être contagieux, alors que moi, qui n’étais pas vacciné mais dépisté régulièrement, j’étais plus sécurisant pour les autres puisque testé négatif. Il y a un côté vraiment paradoxal dans cette histoire.

Je n’avais pas trop confiance dans le gouvernement depuis pas mal d’années déjà, mais avec ce qu’il s’est passé, je n’ai plus du tout confiance. Quand on voit que, un mois avant le confinement, Agnès Buzyn a classé l’hydroxychloroquine en substance dangereuse alors que ce traitement est en vente libre depuis 65 ans ! En fait le maître-mot pour moi, c’est la confiance. Je n’ai plus du tout confiance !

C’est une situation anxiogène, désastreuse pour l’économie, pour la psychologie des adultes et pour celle des enfants. Masquer des enfants ça n’a ni queue ni tête. Pour moi, notre gouvernement n’aime pas le peuple. Ce n’est pas du tout sanitaire toutes ces mesures, ce n’est pas pour notre bien-être. Voilà deux ans que ça dure maintenant. C’est un scandale politique et un scandale sanitaire.

Comme je suis en arrêt maladie, je suis momentanément protégé par rapport à ceux qui sont suspendus, mais s’il faut que j’arrête, je changerai de métier. Je pourrai suivre une formation et reprendre la licence de chauffeur de personnes de quelqu’un de ma famille. Je ne sais pas, pour l’instant mon avenir est incertain, je devrai sans doute rebondir.

Ça fait du bien de voir tous les collectifs qui se sont créés, qui organisent des réunions pour nous soutenir et de voir qu’on n’est pas tout seul. Ça fait du bien de savoir que je ne suis pas le seul canard boiteux, pas le seul à comprendre…