Sylvie

Cuisinière (Mayenne)

« Cette crise est faite pour éveiller les consciences, une autre société s’ouvre à nous. »

Sylvie a 46 ans, elle est célibataire, sans enfant. Cuisinière de formation, elle travaille depuis 12 ans comme agent polyvalent dans un foyer d’hébergement pour personnes âgées, établissement soumis à l’obligation vaccinale. Suspendue le 15 septembre 2021.

Je suis cuisinière. Lors de la première vague en mars 2020, je faisais partie des personnes à risque, car je suis passée par la case cancer et chimiothérapie. Ma direction m’a accordé une autorisation spéciale d’absence pendant 2 mois.

Ensuite, à la deuxième vague, je ne faisais plus partie de la liste à risque, les mois se sont écoulés en travaillant.

Début 2021, la vaccination a démarré pour les résidents et le personnel qui le souhaitait. A partir de ce moment là, j’ai subi la pression de ma direction. Nous sommes une équipe de dix et je suis la seule à refuser cette injection. J’ai été suspendue le 15 septembre 2021.

Depuis le début de la crise, je me pose beaucoup de questions. Je suis méfiante. Au début, j’écoutais les médias, les médecins de plateaux télé. Il y avait des avis opposés sur la dangerosité de la covid, sur les bénéfices risques du pseudo vaccin. J’ai suivi mon intuition, mon ressenti (m’injecter ce produit c’était réveiller un deuxième cancer). Personne ne me forcera à m’injecter un produit sur lequel nous n’avons pas de recul suffisant. Pourquoi vouloir à tout prix vacciner toute une population au lieu de cibler les personnes à risques ?

C’était clair et net, je suis prête à perdre mon travail. Pour la première fois de ma vie, je suis allée manifester, contre le pass, contre l’obligation vaccinale. Crier ma colère, rencontrer des belles âmes m’a fait un bien fou.

Durant ma suspension, j’ai défendu mes droits, fait des dépôts de plainte, des demandes de référé au tribunal.

Mon souhait était d’attraper la COVID, seul moyen de reprendre mon poste, et c’est arrivé le 16 novembre 2021. J’ai repris le travail le 1er décembre, dans une mauvaise ambiance. Ma hiérarchie me punit pour avoir défendu mes droits, avec des horaires et un travail différents.

Je suis une personne entière, franche. Je déteste l’injustice, le mensonge, l’hypocrisie.

Je serais sûrement à nouveau suspendue au bout de six mois, mais le chantage ne marchera pas sur moi.

Je n’ai pas de vision de l’avenir, je vis le moment présent. J’ai juste l’envie de partir sur les routes, de faire une pause de quelques mois, de vivre tout simplement.

Pour moi, il y a toujours du positif dans le négatif, une vision que j’ai depuis « le crabe ». Cette crise est faite pour éveiller les consciences, une autre société s’ouvre à nous. Malgré mes baisses de moral, la peur de l’avenir, je veux rester confiante.

Je voudrais ne plus avoir peur de rien.

Durant mon cancer une amie m’a écrit ceci : « Tomber n’est pas grave, l’important c’est la capacité à rebondir, pour mieux s’élever. »