Serge

Aide-Soignant (Essonne)

« Ma femme et moi sommes suspendus. On limite nos besoins, on se contente du minimum. »

Serge a 49 ans. Marié, 3 enfants, il est dans la fonction publique hospitalière depuis 27 ans. Il est suspendu depuis le 15 septembre 2021.

Je suis entré dans la fonction publique hospitalière en tant que brancardier en imagerie médicale, métier que j’ai exercé 4 ans avant d’intégrer l’équipe des urgences pendant 7 ans. Puis j’ai travaillé 4 ans à la morgue et j’ai fait une formation d’aide-soignant pour m’orienter vers un service de réanimation. Pendant 10 ans j’ai aussi été formateur en IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers). J’ai été muté au Centre Hospitalier Sud Essonne, où j’ai exercé pendant 3 ans, jusqu’en 2021. J’y ai passé un an en unité Covid, mais aujourd’hui, je n’ai plus le droit d’exercer parce que je ne suis pas vacciné contre le Covid.

Au début de la crise, nous étions dans l’inconnu, mais les personnes qui arrivaient de façon massive avaient pour la plupart des comorbidités : obésité, hypertension, diabète, problèmes cardiovasculaires, âge avancé aussi. Avec des moyens très simples, voire rudimentaires, on s’en est sorti : port du masque FFP2, lavage des mains, distanciation, enfin toutes les précautions habituelles pour lesquelles nous avons tous été formés. Aucun des personnels n’a contracté le Covid, jusqu’à la deuxième vague. Les personnels qui ont été atteints, c’était en famille ou en vacances, quand ils avaient des jours de repos.

A partir du mois d’août 2021, j’ai bien compris ce qui allait se passer et j’ai été mis en arrêt parce que je n’allais vraiment pas bien. Exerçant dans un service de pointe, j’ai été très sollicité pendant la première et la deuxième vague, mais soudain je suis devenu un « rien du tout ». Je suis allé consulter un médecin qui a rapidement décelé une dépression. Il ne s’agit pas d’un burn-out, mais d’une peur de l’avenir, une peur qui s’est avérée justifiée puisque ma femme et moi avons perdu notre travail et qu’aujourd’hui nous avons dû vendre notre maison.

Nous n’avons plus le droit d’exercer, nous avons été mis sur liste noire. A partir du 15 septembre, on est passé de personnel soignant qualifié en réanimation à « Tu es un soignant qui ne devrait même pas exister, tu es un danger pour la société ». Aux dires de notre direction, nous sommes du personnel indigne et dangereux. Nous avons subi une véritable chasse aux sorcières, tout simplement parce que nous avons refusé la vaccination Covid.

Pourtant, on s’est préservé, on n’a contaminé personne, personne ne nous a contaminé et on nous dit que nous sommes des terroristes !

Je refuse le vaccin à partir du moment où il est expérimental et qu’il a été fait à la hâte. Je le refuse aussi par crainte des effets indésirables, parce que l’état se décharge totalement en cas de problèmes, alors que ces effets existent réellement. Ils touchent des personnes que je connais, dans mon entourage, c’est réel, ce ne sont pas des informations trouvées sur internet.

Ma fille a 24 ans, elle est infirmière. Elle s’est fait vacciner 3 doses et depuis la première dose elle a des irradiations dans le bras avec des picotements au bout des doigts, des raideurs dans la nuque, des céphalées et elle s’inquiète. Une amie d’enfance de ma femme a un bras qui ne fonctionne plus vraiment très bien depuis qu’elle s’est fait vacciner en juillet.

Dans notre village un jeune retraité, avec qui je travaillais de temps en temps en dépannage chez une connaissance en commun, s’est fait vacciner. Il était très actif et en pleine forme, mais depuis il est tout simplement amorphe, il n’a plus de muscles, j’ai dû l’aider à monter trois ou quatre marches d’escalier, toutes ses défenses immunitaires sont en train d’effondrer. Cela dure depuis des mois et les médecins ont diagnostiqué que c’est bien la vaccination qui est en train de bousiller tout son système immunitaire. Il est en traitement, perfusé toutes les semaines depuis le mois de juillet 2021. Il va un peu mieux, mais ça reste quand même très préoccupant. Il a le teint cireux, il fait peine à voir et dans le village tout le monde s’inquiète. Ce cas est loin d’être unique chez les personnes vaccinées, dont certaines deviennent immunodéprimés.

Je connais aussi un agent immobilier en Normandie, dont le père travaille comme médecin référent chez AstraZeneca et qui n’a jamais voulu se faire injecter : « Moi je ne veux pas de cette merde » dit-il. Mais sa fille a fini par se faire vacciner pour pouvoir sortir avec ses copines. Elle a développé un zona et d’autres problèmes cutanés et ce n’est pas la première à avoir ce type de réactions.

Ma fille a posé sa démission de son poste d’infirmière et travaille maintenant à temps partiel à Roissy, à faire des tests PCR pour les voyageurs. Dans un centre de vaccination où elle intervient aussi de temps à autre, un pompier de 21 ans venu faire sa deuxième dose lui a dit : « J’espère que je ne serais pas malade comme la première fois, parce que j’ai fini en réanimation ». Ma fille a refusé de le vacciner et il a fait un esclandre : « Je suis pompier, je vais perdre mon travail. » Quand elle lui a demandé pourquoi il avait fini en réanimation, il a répondu « C’est un problème au cœur, myocardite ou péricardite, je ne sais pas. » Le médecin du centre de vaccination l’a aussitôt renvoyé en disant : « Monsieur, vous vous rendez compte que vous vous en êtes sorti, mais que vous étiez en réa ! »

Alors on me dit : « Ce sont des cas par-ci, par-là ». Sauf que ces gens n’avaient pas de problème de santé avant le vaccin ! Et le pompier, il n’a que 21 ans ! Les effets indésirables des vaccins, ça touche tout le monde en fait, alors que le Covid, ça n’atteint essentiellement que des gens très âgés ou avec des comorbidités. Une personne qui fait attention à sa santé, fait un peu de sport, ne fume pas, ne boit pas, a une vie globalement saine, n’est pas à risque aujourd’hui.

On nous a dit qu’à Paris, à la Salpêtrière, il y aurait eu 90% de personnes non vaccinées en réa. Peut-être ? Mais je reste en contact avec des soignants de plusieurs régions et j’entends beaucoup d’avis contraires. Je connais notamment une infirmière où, dans son hôpital, c’est exactement l’inverse, c’est 90% de personnes vaccinées en réa. Donc moi, l’apologie de la vaccination, je ne marche pas.

Ce qui me révolte c’est qu’on rende les non-vaccinées responsables de la saturation des services de réanimation, ou quand j’entends dire « Qu’ils crèvent, qu’ils assument, on devrait leur faire payer le passage en réanimation. » Alors je vais me permettre une remarque personnelle sur les personnes célibataires, ou celles qui pratiquent l’adultère. On ne les oblige pas à payer leur trithérapie si elles sont atteintes du sida. On n’oblige personne non plus à prendre le traitement s’il ne le veut pas. Et quand je vois tous ces avertissements sur les paquets de cigarettes, ou ailleurs : « Le tabac tue, ça rend stérile, c’est l’une des premières causes de cancer » et c’est en vente libre ! Et combien de cancers hépatiques sont dus à l’absorption d’alcool en fortes doses ? Est-ce qu’on interdit ou qu’on limite les ventes d’alcool ? Et surtout, est-ce qu’on refuse de soigner une personne qui a fumé ou qui a bu toute sa vie, ou qu’on lui fait payer son traitement contre le cancer ? Les terroristes, les pédophiles, les violeurs ont droit aux soins, mais nous, aujourd’hui, nous sommes montrés du doigt ! Simplement parce qu’on refuse une injection expérimentale !

La population a été trompée et manipulée. Je ne comprends pas qu’aujourd’hui, les personnes vaccinées ne se posent pas la question de savoir pourquoi le virus circule encore, ou pourquoi une bonne partie du personnel soignant, voire même une équipe complète de réanimation, ne s’est vaccinée qu’au moment où le risque était de perdre son travail. Ce n’est pas le risque sanitaire qui les a poussés à la vaccination, parce que ce vaccin les inquiète davantage que le Covid. Bien sûr le Covid peut entrainer des complications, fatales dans certains cas, on ne l’a jamais nié, mais ces mesures ne sont pas sanitaires, c’est clair. Il faut cibler les personnes fragiles et celles qui veulent se rassurer avec le vaccin et il faut laisser vivre les autres, sans passe sanitaire.

J’ai un goût très amer au fond de la gorge, parce que normalement, s’il y a un pass sanitaire pour le peuple, il y a un pass sanitaire pour le gouvernement qui impose les lois. Mais eux, les députés, les sénateurs, ils ne sont pas soumis au pass sanitaire, ça ne les empêche pas de travailler, ils le disent même ouvertement. Quand je pense que pour faire des trails en plein air il fallait un pass sanitaire et pendant des mois je n’ai pas pu pratiquer ce sport. Quelle aberration !

Pour consulter à l’hôpital ou visiter quelqu’un, il est impératif de présenter un test négatif au Covid, alors que, par manque d’effectifs, les personnels soignants positifs au Covid (asymptomatiques ou non) ont la directive d’assurer leur poste. C’est un illogisme, arbitraire d’une part, et risqué de l’autre.

C’est comme le port du masque en plein air, ou au travail toute la journée. Quand je travaillais en réanimation Covid, j’ai commencé à ressentir une perte d’odorat et de goût et pendant mes loisirs je commençais à éprouver une gêne respiratoire. J’ai supposé que j’avais été contaminé par le Covid. J’ai fait des tests et des sérologies à plusieurs reprises, mais ce n’était pas le cas. En fait, c’était dû au port du masque FFP2 en permanence, pendant des heures, des jours, des mois… J’étais devenu hypercapnique (augmentation du taux de CO2 dans le sang), j’étais vite essoufflé, j’avais des escarres sur le nez, une production trop importante d’acide lactique… J’ai changé de service, je ne portais plus le FFP2, mes symptômes ont disparu et mes performances sont revenues.

Alors voilà, aujourd’hui, ma femme et moi sommes suspendus. On limite nos besoins, on ne va plus au restaurant, ni au cinéma, on reste en couple, on se contente du minimum, on a juste besoin de nature et de forêt.