Sara

Accompagnante Educative et Sociale (Hautes Alpes)

« J’ai adoré ce métier, je me sentais à ma juste place et les personnes me le rendaient bien, par leur sourire et leur confiance. »

Sara a 50 ans, elle est mariée, elle a 3 enfants. Elle exerce le métier d’AES depuis 3 ans dans un centre hospitalier où elle accompagne des personnes âgées et handicapées. Elle est aujourd’hui en reconversion professionnelle.

Quand la crise sanitaire a commencé, j’ai été présente tout du long, assidument, je n’ai jamais hésité à faire des remplacements et je suis revenue par trois fois pendant mes congés. Courant octobre 2020 on m’a demandé de continuer à travailler, tout en étant cas contact (par mon fils ainé).

Depuis l’allocution du gouvernement le 12 juillet 2021, ma hiérarchie m’a harcelée de notes de service, avec l’injonction de me faire vacciner, ou c’est la suspension sans salaire. Au 17 septembre j’étais en congés, j’ai reçu un courrier me notifiant que j’étais suspendue. Voilà tout, pas d’entretien, pas de négociation possible.

Cette injonction de m’inoculer, sans mon consentement éclairé, un produit dont je ne connais pas les substances et qui est encore en stade expérimental, me fait penser à une agression à main armée, comme un viol (l’arme c’est ma mort sociale). Donc je n’ai pas voulu me faire vacciner et cette décision m’a coûté. Elle m’a fragilisée financièrement, car je n’ai eu aucun revenu et psychologiquement, parce que j’ai eu tout le temps de ma suspension une boule dans la gorge et dans l’estomac.

L’hôpital était déjà étranglé, mais depuis 2 ans il y a eu la suppression de lits, malgré l’état d’urgence, et la suppression de services à cause du départ en nombre des personnels non vaccinés. Mon service maintenant refuse les soins de six personnes, faute de personnel. La vaccination des professionnels de santé, c’est le début de la mort de la santé publique, qui était déjà terriblement asphyxiée.

Je refuse le vaccin :

Parce que l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) elle-même nous parle d’une pléthore d’effets secondaires que l’on observe en nombre sur le terrain. Je suis terrorisée à l’idée de tomber malade à la suite de ces injections.

Parce que mon libre-choix, mon consentement éclairé sont bafoués. Que me demandera-t-on demain ?

Parce que ce vaccin n’empêche pas d’attraper le virus et de le transmettre.

Parce que, surtout, je suis la dernière digue pour mes trois fils.

Ce témoignage, je l’ai écrit il y a 3 mois…

Depuis j’ai démissionné de mon CDD (et oui, les emplois précaires de l’hôpital, est-ce qu’on en parle ?). Pourtant, j’ai adoré ce métier, je me sentais à ma juste place et les personnes me le rendaient bien, par leur sourire et leur confiance. Mais je ne retournerai plus travailler à l’hôpital, car j’ai eu le sentiment d’appartenir au ministère de la santé.

Je me reconstruis vers autre chose de positif. Je suis touchée par toute la solidarité que je rencontre et remercie toutes les personnes qui font des collectes de nourriture et nous soutiennent, les avocats qui nous donnent des conseils, les différents ateliers et thérapeutes qui dispensent des cours et des soins gratuits, les collectes de jouets qui ont eu lieu à Noël et la résistance pacifique qui nous rend plus fort.

A tous ces soignants courageux, qui font ce métier depuis longtemps et qui ont préféré la mort sociale pour leur liberté de choix et qui continuent de résister, merci, merci infiniment !