Sabrina

Responsable de magasin d’optique (Eure)

« Le changement dans nos vies a déjà commencé, il aura forcément un impact dans la façon dont je vais élever mes enfants. »

Sabrina a 42 ans, elle est mariée, elle a 2 enfants âgés de 18 et 14 ans. Salariée dans un magasin d’optique depuis 25 ans et nommée responsable il y a 2 ans, elle a démissionné en février 2022, après une période de suspension puis d’arrêt maladie. Elle est demandeur d’emploi, sans indemnisation.

Si on revient au tout début, au premier confinement, nous n’étions pas « essentiels », les opticiens ont été fermés. Ils n’avaient pas le droit d’ouvrir parce qu’ils étaient considérés comme des commerces. Aujourd’hui, pour l’obligation vaccinale, ils font partie des services de santé !

C’est parti de là, au départ, de l’incohérence.

Je pensais souvent : « C’est bizarre, si je vois des choses et que ces têtes pensantes ne les voient pas, c’est qu’ils ne veulent pas les voir ».

Il y avait des tas de choses incohérentes :

  • On nous disait qu’il y avait beaucoup de morts du Covid alors qu’autour de nous très peu de gens l’avaient attrapé, et qu’il n’y avait aucun décès ;
  • Les hôpitaux en surcharge alors qu’on supprimait des lits ;
  • Toute cette dinguerie de fermer certains rayons et pas d’autres ;
  • Mon fils qui pratique le handball pouvait jouer à l’école, mais à 17 h il n’avait plus le droit ;
  • Ma sœur élève infirmière, dont on arrête la formation pour la mettre à disponibilité des hôpitaux, mais qui n’a jamais été appelée ; l’obliger à s’injecter alors qu’elle avait acquis 90% d’immunité des suites du Covid ;
  • Que je puisse bénéficier de l’injection au printemps 2021 alors que je n’en voulais pas et que ma collègue, plus âgée que moi de 10 ans et qui la voulait, n’y avait pas accès car elle ne dépend pas de l’ARS ;
  • Rendre obligatoire un vaccin sans autorisation sur le marché et sans que les essais cliniques soient terminés et validés ;
  • Signer un contrat avec les labos pour un produit censé protéger la population mais les dégager de toutes responsabilités ;
  • Vacciner en masse pendant une pandémie ;
  • Empêcher les malades de voir leur médecin traitant, d’avoir accès à des traitements précoces brusquement retirés du marché et ne leur donner que du paracétamol ;
  • Se vacciner non pas pour des raisons médicales, mais uniquement pour pouvoir aller au resto ou partir en vacances.

Et tellement d’autres absurdités, la liste est longue, très longue…

Puis il y a eu les annonces du 12 juillet. Je ne me sens pas d’appartenance avec les soignants parce qu’en fait on dépend et de la Chambre de Commerce, même si on fait partie du système de santé quand ça les arrange, mais à ce moment-là je me suis dit : « C’est dégueulasse, il n’y a aucun soutien ! », ni du gouvernement, ni de la population. S’ils avaient eu un minimum d’humanité, ils n’auraient pas traité les soignants comme ça, les infirmières et toutes celles et ceux qui au début de la crise bossaient sans aucune protection, parce que le gouvernement n’a pas été foutu de leur fournir un équipement correct. Et maintenant on les oblige à se vacciner sinon ils n’existent plus ! Non… Ce n’est pas possible, il faut arrêter quoi !

« Merci de faire le nécessaire ».

C’est le mail que j’ai reçu de ma direction pendant mes vacances d’été, avec un lien pour m’informer sur l’obligation. Je n’ai pas du tout aimé la façon dont ça a été fait, à aucun moment on ne vous interroge sur votre décision. Pour mes directeurs il allait de soi qu’on allait tous se faire vacciner, ils ne se sont même pas posé la question.

A la rentrée, face à mon refus d’être injectée j’ai été mise en congés 15 jours, d’un commun accord, pour réfléchir. J’espérais qu’ils comprennent et respectent mon choix, mais non, début octobre 2021 j’ai été suspendue et fin octobre j’ai fait une chute qui m’a valu un arrêt de travail jusqu’au 12 février 2022. A l’issue de mon congé maladie, je ne voulais pas indiquer mon schéma vaccinal, mais la médecine du travail ne m’a pas déclarée inapte, je n’ai même pas été reçue. J’ai demandé une rupture conventionnelle, qui ne m’a pas été accordée. Ce que je déplore, c’est leur manque total de soutien. À aucun moment ils n’ont fait remonter mon problème à la hiérarchie pour trouver une solution, voire même une possibilité de financement de mon départ. Ils estiment que c’est mon choix et qu’ils n’ont pas à en payer les conséquences.

Etant suspendue je n’avais pas de salaire, pas de chômage, aucune aide, pas d’accumulation de points de retraite, pas de droit à la formation. J’ai préféré démissionner, même si Pôle Emploi m’a dit que je n’avais droit à rien puisque la démission, c’est un choix personnel. Je suis partie comme une malpropre. Pendant 25 ans je m’étais investie dans mon travail, j’étais responsable du magasin et là l’indifférence, juste un bref au revoir des collègues. Ensuite pas même un coup de téléphone. Sur le coup ce n’est pas évident à vivre, j’avais besoin d’être seule, de ne plus penser au boulot.

Ça a été une grosse remise en question, mais aujourd’hui je suis contente d’avoir pris cette décision, je l’assume pleinement.

Je vais m’organiser pour me rendre le plus autonome possible, parce qu’il faut sortir de tous ces schémas de société, qui font que dans la gestion du Covid, dans la médecine, dans l’éducation nationale, ils n’ont vraiment pas été très bons, avec beaucoup d’incohérences et de souffrance, notamment pour les enfants. Tous ces schémas se sont cassés la figure, tout ce en quoi je croyais, c’est comme si je me réveillais et je me disais « Mais en fait c’est tout faux ». Je me dis que finalement, sa vérité on se la crée. Il faut croire en ce qu’on est, avoir confiance en soi, ne pas dépendre d’un système qui nous piège en fait. Suivre son cœur, vraiment.

Je n’ai pas spécialement envie de retrouver un CDI tout de suite, je veux vraiment prendre le temps de penser à un métier qui a du sens. Depuis 25 ans je travaille dans le même métier, je n’ai pas la moindre idée de ce que je peux faire d’autre, mais je me sens capable de plein de choses. Pour l’instant je n’ai pas de projet, si ça se trouve ce sera juste de rester à la maison avec les enfants, de faire des petits boulots par ci par là, du bénévolat dans des fermes, cultiver nos propres légumes, revenir à toutes ces choses-là. Ce qui m’inspire c’est de devenir autonome. Après, je ne sais pas, je vais me laisser guider par mon cœur. Les craintes, on va en avoir, il faut juste ne pas se laisser endormir, il faut avoir confiance. Le changement dans nos vies a déjà commencé, il aura forcément un impact dans la façon dont je vais élever mes enfants, ce sera peut-être aussi un changement de région, je n’en sais rien. Parfois je me dis « Est-ce que je suis prête à basculer ? » Mais je suis arrivée à un point où je peux plus faire marche arrière, c’est-à-dire me faire vacciner juste pour aller bosser, aujourd’hui ce n’est plus possible.

Mon rejet du vaccin, il est dans mes tripes, c’est viscéral.

Un jour, je me suis interrogée : « Bon, il faudrait se faire vacciner parce que le Covid c’est dangereux. Mais est-ce que je le fais par rapport aux autres, ou pour servir de cobaye aux labos ? » Le lendemain, ils arrêtaient l’Astra Zeneca pour les moins de 40 ans. Donc à deux jours près j’aurais pu me faire vacciner avec un produit dangereux pour moi. Je me suis un peu informée sur l’ARN-messager. C’est de la génétique, on n’a pas assez de recul, on ne la maîtrise pas suffisamment, on l’utilise pour le sida et pour certains cancers, sur des personnes pour lesquelles c’est la seule chance de les sauver, mais il y a souvent des risques importants.

Et après c’est devenu viscéral. Ce n’est pas possible, je ne peux pas m’injecter ce truc, ce n’est pas fiable, je ne le sens pas. Je faisais des cauchemars, qu’on me vaccinait par obligation, que je n’osais plus aller à l’hôpital de peur de me faire injecter, des rêves de fou vraiment, des choses atroces… Si j’avais dû me faire piquer, j’aurais vécu ça comme un viol, vraiment ; je l’aurais très très mal vécu. Qui est en droit d’exiger de quelqu’un qu’il se fasse injecter sans savoir quoi que ce soit de cette personne et sans l’avertir des éventuels effets indésirables du produit qu’on lui met dans le corps ? Et puis je veux être un bouclier pour mes enfants. Je leur montre qu’il faut réfléchir avant de décider, ne pas faire les choses bêtement, sans se poser de questions. Mon discours n’aurait pas pu être le même aujourd’hui si je m’étais fait vacciner, si je leur disais « Je l’ai fait par obligation ».

J’ai toujours été très tolérante sur le choix de chacun, jusqu’à ce qu’on injecte les enfants. Les femmes enceintes et les enfants, je ne comprenais pas qu’on puisse faire ça. En réalité les gens se vaccinent pour des tas de motifs, mais assez peu le font pour des raisons de santé. Une de mes collègues l’a fait pour continuer de travailler et pouvoir voyager. Une autre a attendu, puis avec l’obligation elle s’est vaccinée en été, elle et ses enfants, craignant qu’il n’y ait plus de place à la rentrée. Très peu, oui très peu en fait, sauf une amie qui vit avec ses parents et qui avait peur de les contaminer. Mais beaucoup de ces gens-là se rendent compte qu’on les a bernés, parce qu’il y a moins d’un mois ils avaient tous le Covid, parents, grands-parents, etc. On leur dit que s’ils n’étaient pas vaccinés ils auraient fait une forme plus grave. Admettons, il n’y a rien qui le prouve, mais on peut toujours se consoler comme ça…

Le gouvernement n’a jamais su donner confiance, avec ses discours changeants et contradictoires. D’abord les masques, il n’en fallait pas, ça ne servait à rien, puis c’est devenu obligatoire. Le vaccin c’était 1 ou 2 doses selon le fabricant, puis 3, aujourd’hui on en est à 4 ! Je n’ai plus confiance en ce gouvernement, je n’y crois plus du tout, il ne faut rien attendre de ces gens-là. La pharmacovigilance par exemple, ça montre bien qui commande, c’est bien la preuve que notre gouvernement ne maîtrise rien, qu’on est juste les pions des grands labos. On n’a jamais vu ça, ça paraît aberrant de signer un contrat comme ça, qui dégage les labos de toutes leurs responsabilités. Ce n’est pas la population qu’on protège, ce sont les labos. Comment peut-on nous convaincre qu’on ne court aucun risque avec ça ?

Comment croire qu’il n’y a aucun effet indésirable ? J’aurais toujours le doute sur le beau-père d’une proche parente. Il était en phase terminale de cancer du poumon, il n’était pas en grande forme, il avait les poumons très atteints, qui partaient tout doucement. Il s’est fait vacciner, 3 jours après il faisait un AVC. On ne saura jamais si c’était lié. Et ma collègue, à la 2ème dose elle a fait une méga infection urinaire et les infirmières disent qu’elles en voient de plus en plus. Mais pareil, on ne saura jamais, personne ne cherche. Et la petite de ma copine, qui a eu une perturbation sur son cycle menstruel. Elle a 16 ans. Il y a encore d’autres exemples, mais les gens connaissent ma position, beaucoup ne m’en parleront pas de peur que je leur dise « Tu vois, je te l’avais dit. » Ils sont dans le déni, je peux les comprendre, chacun a ses raisons, je ne juge pas. Par contre, il y a vraiment cette grande peur en moi quand je pense à eux et aux éventuels effets indésirables. Je souffre de le savoir.

Je me dis qu’on n’a plus confiance en l’humain, en son système immunitaire. On a un corps qui est une machine exceptionnelle et on ne lui fait plus confiance, jusqu’à lui injecter un truc expérimental dont on ne connaît rien des effets à long terme. Je trouve ça dangereux.