Marie-Madeleine

Aumônier d'hôpital (Pyrénées Atlantiques)

« Vous êtes dans le néant total, on vous rejette, vous êtes exclue de la société ! »

Marie-Madeleine a 51 ans, elle est mariée et a 2 enfants. Après une dizaine d’années en bénévolat, elle est salariée depuis janvier 2020. Elle est suspendue depuis le 30 septembre 2021.

La crise soi-disant sanitaire est arrivée et du jour au lendemain les célébrations de messe ont été suspendues. On avait uniquement le droit de visite, deux fois par semaine. Pour les personnes âgées des EHPAD c’était un soulagement de nous voir, parce qu’elles étaient privées de leur famille et qu’il ne fallait pas les abandonner à leur solitude.

Nous avons subi une telle pression que moi-même je leur disais : « C’est pour votre bien, c’est pour votre bien qu’on ne vous laisse pas sortir, c’est pour vous protéger ». Il faut les protéger, donc il faut les enfermer ! Et ce qui est terrible c’est que quelques mois plus tard je me suis rendue compte qu’ils n’avaient pas tort en témoignant de cet enfermement : « Qu’est-ce que c’est cette histoire de virus fantôme ? Nous, on a connu la guerre, mais là que se passe-t-il ? On nous enferme ! ». Leurs témoignages étaient poignants : « Non, on veut se débarrasser de nous».

J’ai vu des choses inhumaines, mais ça faisait partie des restrictions du protocole : Allez, enfermés à double tour dans leur chambre, repas froid la plupart du temps… Et nous n’avions plus l’autorisation de leur apporter la communion.

C’est en juillet 2020, cinq mois plus tard, que nous avons eu l’autorisation de revenir à l’hôpital pour rendre visite aux malades, il fallait éviter d’être simultanément en contact avec les personnes hospitalisées et les résidents des EHPAD. Mais toujours pas de messe. Les résidents habitués à la messe hebdomadaire ne comprenaient pas : « On vit tous ensemble, on se croise dans les couloirs, dans la salle à manger pour le repas du midi, pourquoi nous refuse-t-on la messe ? » Un an plus tard, après Pâques, les messes mensuelles ont repris, sous certaines conditions. La Direction nous a imposé une formation SLIN (Service de Lutte contre les Infections Nosocomiales). Pendant les temps de prière, la présence était limitée à 8 personnes. Nous avons respecté le protocole sanitaire, entre autres 2 m de distance entre chaque résident. Mais avant toutes ces restrictions, qui se sont répercutées sur le moral des résidents, on se retrouvait à 30, voire 50 dans certains EHPAD.

Puis le mois d’août 2021 arrive et je reçois une lettre de la Direction stipulant les nouvelles conditions de travail, l’obligation de présenter un schéma vaccinal complet. On vous harcèle au téléphone, le secrétariat de la Direction des Ressources Humaines vous laisse des messages, et tout cela sans vergogne, bien que portant atteinte au secret médical. J’avais le choix entre présenter le schéma vaccinal complet ou solder tous les congés annuels et les heures supplémentaires. Ayant refusé cette injection expérimentale, sur laquelle on n’a aucun recul, mon choix était évident et c’est ce qui s’est passé pour moi.

Un médecin bénévole est venu 5, 6, 7 fois nous demander : « Quand est-ce que vous vous faites vacciner ? ». Je ne disais rien et un jour je lui répondis « Non, je n’ai pas envie, c’est ma décision, je reste prudente » – « Ah mais je vais vous convaincre, parce que le jour où vous allez boire un café avec vos collègues, ne vous étonnez pas si vous attrapez le Covid » – « Mais ce n’est pas grave, il y a des traitements que je sache, non ? ». Et la discussion close, mais pour lui la nouvelle technologie de la protéine Spike était l’Avenir.

Oui, mais elle fait beaucoup de dégâts malheureusement et les médias n’en parlent pas, c’est terrible tous ces effets secondaires qui surgissent sans être pris en compte.

Plus les jours passaient et plus je me sentais angoissée. Je me souviens de m’être réveillée quatre nuits de suite vers 4h du matin avec une angoisse qui me prenait aux tripes : « Qu’est-ce qui m’arrive ? Ce n’est pas possible, je rêve, c’est irréel. Qu’est-ce qu’on vit là ? Aucun reproche sur mon métier, aucune faute professionnelle… »

J’ai contacté mon médecin traitant qui m’a vanté tous les vaccins possibles et imaginables, même Astrazeneca, et je lui ai demandé « Comment allez-vous me soigner si je tombe malade ? » – « Ne vous inquiétez pas, avec du Doliprane et on vous surveillera ». J’ai eu pitié pour elle, je suis repartie. Donc je suis restée chez moi, contrainte à prendre mes congés annuels et mes heures supp’ et au bout d’un mois une lettre simple est arrivée, même pas en recommandé. J’étais suspendue de mes fonctions et sans rémunération.

Aujourd’hui je ne perçois aucun salaire. Je suis allée à Pôle Emploi avec la lettre de suspension et on m’a répondu de suite : « Non, vous êtes sous contrat, vous n’avez pas été licenciée donc vous n’avez droit à rien ». L’inspection du travail : « Non, ça ne nous concerne pas ». La CAF : « Rien du tout, on n’a rien prévu ». Rien n’a été prévu, rien, rien, rien ! Vous êtes dans le néant total, on vous rejette, vous êtes exclue de la société ! Et vous vous dites : « Qu’est-ce que je vis là, est-ce réel ou pas ? ».

À la mi-octobre j’ai attrapé le Covid, ainsi que mon époux. Mon médecin traitant n’étant pas disponible, son remplaçant m’a conseillé « Appelez SOS médecin, vous êtes trop loin, je ne peux pas venir vous voir ». J’avais des courbatures, des essoufflements, donc Doliprane et un sirop sans sucre. Nous avons pris ce traitement pendant 4 jours et notre état s’est aggravé, surtout celui de mon époux, qui était malade bien avant moi. Je me suis dit « Non ce n’est pas possible ! » et nous avons enfin trouvé quelqu’un qui nous a soignés, mais ce qui est triste à dire c’est qu’il faut passer discrètement par les réseaux pour trouver un médecin qui accepte de vous soigner et de vous prescrire le traitement que le gouvernement a interdit de prescrire. Moi, je m’en suis bien sortie et mon immunité naturelle a agi, mais pour mon mari c’était trop tard. Chute de saturation, le 15, oxygène, les urgences et la Réa ! Résultat, une surinfection, le coma et l’intubation. Je ne doute pas du professionnalisme et de la bienveillance du personnel soignant, mais les remarques désobligeantes que mon époux a subies en arrivant aux urgences l’avaient profondément offusqué, notamment ces petites phrases désobligeantes « Vous n’êtes pas vacciné, maintenant il faut assumer» et transféré en Réa « Tiens, je te ramène un Covid de plus ».

Très peu de personnes vous soutiennent, à part celles qui ne sont pas inoculées dans votre entourage. On vous invite, ça fait du bien, vous pouvez enfin parler, partager ces moments d’incompréhension et d’injustice. Mais d’autres personnes viennent toquer à votre porte : « Alors comment va votre époux, comment ça va vous ? on pense bien fort à vous, mais vous voyez si vous aviez été vaccinés… ». Le scénario se répète et vous ne pouvez que prier pour ces personnes.

À cela s’ajoute l’interrogatoire des médecins : « Pourquoi ne voulez-vous pas vous faire vacciner ? ». Alors mon mari leur raconte un cas survenu dans la famille. Une nièce, 25 ans, doublement vaccinée a fait une réaction allergique, gonflement au niveau de la gorge, elle a atterri aux urgences le soir même, quelques heures après s’être fait vaccinée. Aujourd’hui elle est intolérante à plusieurs aliments. Elle est aide-soignante et elle a peur de la 3ème dose, qui va être obligatoire pour elle. Quand il raconte ce cas, ça calme les médecins et la discussion est close.

Un jour, j’ai vu une animatrice en EHPAD qui s’est écroulée en pleurs devant moi, c’était le lendemain de sa vaccination. C’est inhumain, elle avait peur de perdre son emploi : « Qu’est-ce que j’ai fait ? Mais j’ai une famille à nourrir ».

Je ne veux pas me faire vacciner avec ce type d’injections expérimentales que j’ai du mal à appeler vaccin. La dernière phase de test de ces médicaments expérimentaux sera clôturée fin 2022 ou en 2023. Donc prudence. Quand j’ai appris qu’il y avait des cellules souches embryonnaires avortées parmi les composants, c’était inconcevable pour moi d’accepter cette injection. Mes convictions religieuses sont en total désaccord avec cet acte qu’on nous impose, on ne fait pas n’importe quoi avec la dignité et la vie d’autrui. La Vie est un don de Dieu qui nous a créés, respectons notre nature humaine ainsi que Celui qui agit à travers elle.

Aujourd’hui c’est le flou total pour le lendemain. J’ai la chance d’avoir hérité d’un don artistique, je suis aussi créatrice de vitraux. J’ai laissé de côté cette activité pendant 4 ans et je m’étais dit que ce serait ma petite roue de secours, mais il faut avoir l’envie, la volonté et c’est très difficile dans ce contexte actuel, où on vous jette dehors, ni merci, ni au revoir, rien, rien, on est les oubliés, les exclus de la société. Dans un premier temps, il faut que je reprenne confiance en moi, parce que je suis épuisée. Il faut que je remonte la pente, pour mes filles, mon papa, et mon époux qui se rétabli doucement grâce à Dieu.

À ma douce maman qui a rejoint la Maison du Père en décembre 2020 après avoir vécue seule ses trois dernières semaines de vie à l’hôpital suite à un AVC avec paraplégie. La famille n’a pas eu le droit de visite malgré les relances et supplications pour l’accompagner dans cette dernière et lourde épreuve.

Dieu voit dans le secret…