Odile

Auxiliaire de puériculture (Rhône)

« En fait c’est un « choix » avec le pistolet sur la tempe. »

Odile a 55 ans, elle est mariée et mère de 3 enfants. Elle travaille depuis 9 ans en EAJE (Etablissement d’Accueil du Jeune Enfant), dans une crèche où elle effectue des remplacements.

Actuellement, la structure ne demande pas de pass vaccinal, mais en revanche le jour où on me le demandera je quitterai la structure, parce que je refuse de me faire vacciner. Pour moi, ma liberté c’est ma santé et je veux en être maître.

Le premier confinement m’a permis de me poser, de faire un peu un balayage sur ma vie. Je suis une personne très active et pendant le confinement tout s’est arrêté. Du coup ça m’a rappelé ce qui est vraiment important pour moi, les vraies valeurs. J’en ai plutôt bien profité, je venais aussi d’être mamie d’une deuxième petite fille née 15 jours avant le confinement et on a eu la chance de se confiner tous ensemble. Du coup on a profité les uns des autres, sans trop se poser de questions.

Maintenant, c’est vraiment un combat de chaque jour à cause du regard des autres, des collègues… On est montré du doigt et c’est dur de se dire que, après tout on est comme tout le monde, mais parce qu’on refuse d’être vacciné on est mis à l’écart. C’est un combat de chaque instant, dans la famille, au niveau des amis. Des gens m’ont même dit « Puisque tu n’es pas vaccinée on ne se verra plus ». Après, on fait le tri, ça veut dire que la vie est juste, moi je crois en tout cas à cette justesse. Ce n’est pas le vaccin qui a fait qu’on ne se voit pas, c’est que quelque part l’amitié n’était pas là. A la crèche aussi, on a eu une réunion quand on a repris en septembre 2021. On nous a demandé si on était vacciné ; moi je n’ai rien à cacher, j’ai dit que je ne l’étais pas et que le jour où ils nous obligeront à nous faire vacciner, je quitterai la structure la tête haute.

J’ai refusé ce vaccin car pour moi ce n’est pas un vaccin, on a très peu de recul dessus. Je ne suis pas antivaccin puisque jusqu’à présent j’ai eu les vaccins qu’on nous a inoculés quand on était petit et j’ai aussi fait vacciner mes enfants. Comme je suis partie en Afrique, j’ai aussi reçu le vaccin de la fièvre jaune, mais ce vaccin-là, particulièrement, on n’a pas de recul, on n’est pas capable de nous dire quels sont les effets secondaires, même si on les demande à notre médecin. Moi, rien que ça a été la raison principale pour refuser le vaccin Covid.

Je fais partie d’une association d’animation pour enfants et toutes les personnes qui intervenaient jusqu’à présent n’étaient pas vaccinées. Après il y a eu le pass sanitaire et elles faisaient un test et maintenant c’est le pass vaccinal. Moi, en tant que présidente de cette association je comprends que ces personnes puissent hésiter à se faire vacciner, mais si elles veulent garder leur travail on ne leur laisse pas le choix. Elles doivent se faire vacciner ou arrêter et je trouve ça difficile, c’est soit tu te fais vacciner sans connaître les conséquences, soit tu t’en vas.

En fait c’est un « choix » avec le pistolet sur la tempe.

J’espère que les gens vont ouvrir les yeux, j’espère que tout le travail que vous faites va permettre aux gens de se rendre compte que l’on est gouverné par je ne sais quoi, je ne saurais même pas donner le nom et j’espère que chacun puisse retrouver sa liberté d’expression, sa liberté de travail et sa liberté de choisir.