Karin

Aide-soignante (Haut-Rhin)

« Il faut réintégrer tous les suspendus, même s'il y en a qui ne reviendront plus. Ils ont tellement morflé. »

Karin a 58 ans et vit seule avec sa fille de 18 ans. Elle travaille depuis quatre ans et demi. Elle n’est pas suspendue puisque qu’elle a dû se faire injecter contre son gré.

A l’EHPAD où je travaille la directrice a tout fait, dès le début de la pandémie, pour que nous ayons toujours à notre disposition le matériel nécessaire pour nous protéger, nous et nos résidents. Et je l’en remercie encore aujourd’hui pour cela. On a pu protéger les gens pendant pas mal de mois sans qu’il n’y ait rien.

On était vraiment protégé comme des cosmonautes, d’abord avec des protections lambda et après c’était comme des sacs poubelles bleus. On ressemblait à des Schtroumpfs, avec des charlottes et tout, on rigolait, mais pas vraiment… Il fallait bien rigoler, parce que cette période a été horrible à vivre.

La charge de travail était très lourde, c’était très dur. On avait les chariots repas, les plateaux à amener de chambre en chambre et quand on était dans une chambre il fallait tout faire, essayer de condenser tout le travail en une seule fois et ressortir. On avait énormément de travail, on faisait des kilomètres et ça a duré deux mois quand même. On voyait les gens mourir, c’était fulgurant au début, ils ont laissé mourir des gens, pas chez nous, mais parce qu’ils ne les soignaient pas. Maintenant ce n’est qu’une simple grippe.

On était exténué et il y avait cette peur ; ils nous ont fait peur, on ne savait pas ce qui allait nous attendre le lendemain. C’était vraiment horrible.

Je partais avec le tram, je ne voyais que des Übereat et des Delivreroo, je marchais seule dans la ville.

Un soir, quand je suis rentrée ma fille m’a dit « T’as vu, les gens applaudissent à 20h ? »

« Je sais, mais c’est quoi ça ? Ah, les soignants… » Mais nous on était au travail à ce moment-là, on ne pouvait pas le voir. Quand je pense que ce sont ces gens-là qui nous ont craché dessus !

Lorsque l’obligation vaccinale est arrivée, jusqu’à la dernière minute je me suis dit que ce n’était pas vrai, que ce n’était pas réel, que je ne devrais pas le faire. Et puis au dernier moment j’y suis allée, en pleurant ! J’ai dû faire cette injection, sinon je me faisais suspendre. Et suspendre, ça veut dire tout perdre, perdre le petit peu que j’ai réussi à mettre en place, plus rien, plus de travail. Et être dans la galère à un certain âge ce n’est vraiment pas évident.

J’ai dû faire la 2ème injection et c’était très bizarre, on était là, dans un centre universitaire, c’était comme dans un film de science-fiction, presque irréel. Mais c’était bien réel pour moi.

Je n’ai pas eu besoin de faire la 3ème dose car j’ai eu le Covid et la 4ème, il n’y en aura pas !

Sur l’ensemble du personnel une seule collègue a refusé l’injection. La grande majorité a suivi pour garder sa place et son salaire, certaines sans se poser de questions parce qu’elles avaient peur de mourir de la Covid, d’autres enfin par confort, pour pouvoir aller au resto ou partir en vacances. Faire un vaccin pour aller au restaurant, mais t’as vu ça où ?

Ce vaccin, je n’en voulais pas, je trouvais que ce n’était pas la peine, ce n’est pas comme la rage ou la polio. Je devrais plutôt dire « pseudo-vaccin », car il ne s’agit pas d’un vaccin, mais d’une thérapie génique. Il a été mis sur le marché en un temps record, alors qu’en temps normal il faut 10 à 15 ans. Et puis, le Pr. Raoult nous a montré qu’il existait des traitements. Mais l’ARS a préféré suivre le gouvernement plutôt que les scientifiques. Moi, je me suis dit que s’il arrivait quelque chose à ma mère, qui n’est pas vaccinée à 88 ans, je l’emmènerais voir le Pr.Raoult, ou je mettrais des choses en place, parce qu’elle a encore des belles années à vivre.

Je me pose quand même des questions, parce que mes collègues, plus elles ont eu de doses et plus elles étaient malades. Très vite, j’ai été témoin de choses autour de moi. Une ASH, qui travaillait avec nous et qui, après sa seconde dose, a fait une phlébite et suite à cela ne pouvait plus travailler. Ma fille, qui n’est pas vaccinée mais qui regarde tik-tok et d’autres réseaux, me dit que des filles n’ont plus de règles, ou au contraire beaucoup plus de saignements.

Je me suis fait injecter ce soit-disant vaccin parce que je n’avais pas le choix. C’est dur de vivre seule cette condition. Je n’ai pas eu le courage de refuser, je ne pouvais pas, j’ai ma fille à charge. Si je n’avais pas eu ma fille, je pense que je ne l’aurais pas fait et je serais partie ailleurs. Je me suis en quelque sorte sacrifiée pour mes enfants, qui eux ne sont pas vaccinés. Je me dis « Si je dois mourir, eh bien tant pis, mais pas mes enfants ».

La France est le dernier pays à ne pas réintégrer les personnels suspendus et ça c’est la honte, c’est la honte ! Les gens vaccinés ne jugent plus les autres, ceux qui voulaient absolument qu’on se fasse vacciner, maintenant ils mettent de l’eau dans leur vin, ils font marche arrière. On voit bien aujourd’hui que plus on a de vaccins, plus on a de risques d’attraper le COVID.

Il faut réintégrer tous les suspendus, même s’il y en a qui ne reviendront plus, parce qu’ils ont tellement morflé. Je ne sais pas comment ils ont fait.

Après, on est fait pour être soignant ou pas…