Nathalie

Infirmière (Sarthe)

« GRATITUDE, vraiment, envers tous ceux qui m’ont soutenue. Ils se reconnaîtront. »

Nathalie est séparée et élève seule ses deux enfants, âgés de 16 et 21 ans. Spécialiste de soins en pédopsychiatrie, elle exerce depuis plus de 20 ans. Elle a été suspendue jusqu’au 1er février 2022. Depuis cette date elle est en disponibilité.

J’ai demandé une mise disponibilité pour couper ce fil à la patte qui fait que je ne peux aller nulle part. Suspendue, je perds mon salaire, je n’ai plus d’argent, je ne peux pas postuler à Pôle Emploi, je ne peux pas avoir d’aides, je ne peux rien faire en fait, je suis coincée. Suspendu, c’est comme être pendu à un fil, on n’est nulle part, on flotte. On a un diplôme et d’un coup on le perd. Ils n’avaient qu’à nous licencier, mais ce qu’ils ont fait est bien pire.

Je suis la seule à ne pas être vaccinée dans mon service, mais j’ai eu la chance d’être comprise par mes collègues qui ont fait preuve de tolérance et ne me jugent pas. Le cadre de santé m’a affirmé que la vaccination avait vocation à devenir pérenne, c’est à dire que je ne pourrai plus jamais exercer mon métier d’infirmière.

Fin août 2021, la médecine du travail a été écartée de la gestion de la crise ; en temps normal, c’est elle qui traite toutes les questions de santé des salariés. Cette fois, les membres de la direction sont devenus nos interlocuteurs uniques, c’est à eux que nous devions transmettre les résultats des tests pour pouvoir travailler. Un autre système de contrôle a été mis en place.

Nous avions été applaudis lors du premier confinement, mais je travaillais, ça ne me touchait pas vraiment. Aujourd’hui, on voit bien qu’il ne faut rien attendre de la population. Les français ont subi un véritable lavage de cerveau par le gouvernement, qui a diffusé la peur en utilisant un vocabulaire de guerre. Cette stratégie a été très efficace, elle a réactivé des angoisses profondes chez les individus et a réveillé toutes les peurs de l’enfance. Elle a aussi révélé des facettes plus sombres de l’être humain, en stimulant le réflexe de rejet, la trahison et même la délation : « L’autre n’est pas comme nous, à cause de lui on va tous mourir ».

J’essaie de prendre beaucoup de recul, je refuse de marcher dans ce schéma. A mon avis, obliger les soignants à se faire vacciner va permettre au gouvernement de légitimer la stratégie vaccinale de toute la population, qui va finir par suivre, docilement.

Mes collègues ne soutiennent pas nécessairement cette politique et déplorent la répétition des doses de rappel. On ne sait pas dans quoi on s’engage et il est difficile de faire marche arrière ; d’abord c’est deux doses, après c’est trois, puis le délai raccourcit, bientôt ce sera quatre doses et comme c’est expérimental ils font ce qu’ils veulent. Contrairement à ce qui est dit, on n’est absolument pas libre.

Je refuse la vaccination, car les incohérences sont criantes depuis le début, du point de vue des arguments scientifiques et sanitaires, mais aussi des modalités de mise en œuvre. Le gouvernement a tâtonné à de nombreuses reprises, ce qui n’est pas recevable lorsqu’il s’agit de vacciner une population entière. Je n’ai aucunement confiance. Ce vaccin est une thérapie génique expérimentale, dont la vocation était plutôt de soigner les cancers, mais pas les sujets sains. Et on vaccine les jeunes pour protéger les vieux !

Et les médecins qui ne sont pas autorisés à prescrire alors que des traitements existent ! J’en connais beaucoup qui ont soigné leurs patients. Certains ont tenté de s’exprimer sur l’efficacité de ces traitements, mais ils ne sont pas écoutés, ils sont censurés et même menacés de radiation. Et au lieu d’enfermer les gens, pourquoi ne pas parler de prévention pour renforcer son immunité et se protéger, comme prendre l’air, se supplémenter en zinc et en vitamine D, rechercher des vibrations positives pour réduire le stress ?

Et comment ne pas constater la complaisance des médias à l’égard de la politique gouvernementale, relayée par les médecins qui défilent sur les plateaux de TV et prêchent soi-disant la bonne parole ? C’est une véritable propagande.

Et pourquoi ont-ils supprimés tant de lits avant le confinement ? Pendant le confinement aussi ils ont enlevé des lits, je le sais, j’étais en service.

En réalité, cela fait des années que l’hôpital est sous tension, mais la suspension des soignants a aggravé la situation. Les collègues en poste croulent sous le travail, beaucoup craquent et sont en en arrêt maladie, la carence de personnel est plus que jamais alarmante. La direction pourrait réintégrer les soignants non vaccinés en les testant régulièrement pour s’assurer qu’ils sont sains. Au lieu de cela, les services reçoivent des directives afin d’obliger les soignants asymptomatiques testés positifs au Covid à venir travailler ; Ces soignants peuvent donc contaminer des patients ! Il y a vraiment de quoi se poser des questions. Le gouvernement dupe la population.

Autre exemple de ces graves lacunes : j’ai eu le Covid en janvier 2022, je serais donc apte à reprendre temporairement le travail ; mais à aucun moment la direction ne se préoccupe de réembaucher les soignants en disponibilité, même s’ils sont immunisés. Pourtant, il a toujours été dit que « la suspension n’est pas une sanction ».

Un de mes collègues, suspendu, a aussi eu le Covid récemment et il a donc pu reprendre son poste, mais il est menacé d’une nouvelle suspension s’il ne fait pas injecter deux doses.

Tout cela fait que je n’ai plus confiance dans le système. Il est possible que les soignants suspendus soient un jour rappelés dans les services, mais je n’ai aucune envie d’y retourner. La rupture avec ce système est consommée, une porte s’est fermée, une autre va s’ouvrir et c’est moi qui vais l’ouvrir.

En attendant, j’ai la chance de percevoir des aides grâce à l’assistance sociale, au soutien local du maire, aux dons libres qui transitent par Réinfo Covid et aux colis solidaires. J’ai réduit mes dépenses au minimum, je mutualise mes trajets. J’envisage de faire des gardes d’enfants, de ramasser des œufs, de faire du jardinage, des heures de ménage…

Je trouve des solutions et je reste en accord avec mes valeurs. Je me suis affirmée, je me sers de mes acquis, je mets à profit toutes mes compétences, j’ai pris ma place. La méditation, la musique, l’art et lien avec la nature m’y ont beaucoup aidée. Je me suis fait confiance et j’ai cru que c’était possible, je sais qui je suis maintenant.

Pour mes enfants, je me devais de trouver la force et le courage d’aller de l’avant. Je crois qu’ils sont fiers de moi. Mes amis sont présents, vaccinés ou non, et ces liens me sont très précieux pour faire face.

GRATITUDE, vraiment, envers tous ceux qui m’ont soutenue. Ils se reconnaîtront.