Doumé

Aide-Soignante (Ain)

« Ces deux dernières années ils ont dégoûté les gens de faire ce métier, il n’y a plus de motivation. »

Doumé a 57 ans. Elle a été suspendue le 15 septembre 2021, après 36 ans de service dans le même établissement.

Le premier confinement, j’ai vraiment fait attention. On nous disait que le Covid était quelque chose de très dangereux, de très virulent, donc je ne suis pas du tout sortie, j’ai fait toutes mes courses en drive parce que je me disais « Tu ne vas pas ramener ça aux personnes âgées, parce que t’es soignante ». Je me suis carrément mise en quarantaine toute seule, en quelque sorte, je ne sortais pratiquement plus.

A l’hôpital, les conditions de travail étaient un peu compliquées, puisque de toute façon personne ne savait vraiment ce qu’était la première vague. C’était des ordres et des contre-ordres de nos chefs, qui ne savaient pas plus que nous où on allait de toute manière. On nous disait « Laissez rentrer les visites », ensuite « Ne laissez plus rentrer les visites », puis c’était par un ou par deux visiteurs. Après c’était « Habillez-les, mettez les surblouses », puis « Ne mettez pas les surblouses ». Au début le matériel était compté, on avait un masque pour la journée, certains jours on n’en avait pas. Après on a n’a plus eu de gants, donc ils ont fait venir les gants de je ne sais trop où et on a fait beaucoup d’allergies. Moi, je me suis retrouvée avec la peau des mains pratiquement en sang, on avait toutes les mains pleines de crevasses, et on continuait de bosser comme ça.

Le premier confinement ça a été un peu le grand cirque quoi.

On nous a remercié au début. Pas les chefs, mais la population. Et maintenant quand tu n’es pas vacciné et que tu as été suspendu, on te dit « C’est bien fait, parce que vous êtes dangereux pour les gens qui sont malades », alors qu’on nous avait applaudis, on nous avait offert des gâteaux…

On a trempé dedans ! Les patients qui avaient le covid, on les a soignés ! On a bossé comme des cinglés des jours d’affilée, on est venus sur des jours de repos parce qu’il manquait du personnel. Et puis le jour où on a dit qu’on ne voulait pas se faire vacciner, on nous a dit « Allé hop, dehors ! »

La veille du 15 septembre 2021, j’avais appelé ma cadre pour savoir si je venais travailler ou pas. Sa réponse a été « Oui, oui, tu viens travailler. Si tu ne viens pas c’est un abandon de poste ». Donc moi, le matin, je suis arrivée, j’ai pris mon poste et j’ai commencé un soin. Deux personnes sont venues me chercher et m’ont emmenée dans un bureau. La DRH m’a donné un papier et m’a dit « A ce jour vous êtes suspendue pour non vaccination ». Elle a regardé sa montre et a elle dit « A partir de ce moment, vous êtes suspendue et vous quittez l’établissement ». Ça a été très dictatorial. Être jetée comme ça. On aurait dit que j’avais commis un crime et que j’avais fait une énorme faute professionnelle. J’étais apte à 7h et à 7h05 je ne l’étais plus.

Un mois plus tard je suis allé chercher les affaires que j’avais laissées avant de partir à la retraite. J’y vais avec mon petit sac pour récupérer mes chaussures, mes affaires… J’arrive, je vois qu’il n’y a plus de cadenas à mon casier. Je l’ouvre, il était vide. Ils avaient cassé mon cadenas, pris toutes mes affaires et tout mis dans un sac poubelle. C’est ce que j’ai trouvé le plus honteux. Je suis suspendue, c’est comme si je n’existais plus, que je n’avais plus aucun droit, c’est comme si j’étais morte. Quel manque de respect ! Quelle honte !

Personne ne nous a défendus. Les syndicats nous disaient « Faites-vous vacciner, vous ne serez pas suspendus », c’était leur seule réponse. Normalement ils sont là pour nous défendre, pour défendre le personnel. On a fait la grève pour quoi ? Quand il y a eu des suppressions de personnel ou de lits, j’ai fait la grève à chaque fois, je me suis déplacée à chaque fois à Lyon par des temps d’enfer, en plein hiver, pour défendre nos lits et le personnel.

Je me suis rendue compte que, dans ma situation, il n’y a aucune entraide. Du coup tu te sens très seule. Depuis que je suis suspendue, j’ai très peu de nouvelles de mes collègues. Je n’en donne pas, j’attends de voir comment les gens réagissent. Pratiquement personne ne m’a contactée et c’est pareil pour mes collègues qui ont dû démissionner, ils n’ont eu aucune nouvelle de personne. Tes collègues, ils te laissent tomber carrément. Moi je suis partie à la retraite au bout de 36 ans, mais très peu m’ont envoyé un mot pour me souhaiter une bonne retraite. Tu crois que tu as des amis, mais tu en as très peu en fait.

Moi, j’ai la chance de pouvoir partir à la retraite, mais imagine tous ceux qui ont encore 4, 5, 10 ou 15 ans. Ils ne vont pas rester suspendus pendant 5 ans, ils vont faire quoi ces gens-là ? Quand tu es suspendu, tu n’as pas de salaire. Tu fais toujours partie de l’établissement mais tu ne peux pas travailler. Et quand tu écoutes les infos, personne ne parle des gens suspendus, PERSONNE ! Il n’y a pas un mot sur les suspendus !

Je pense que ces deux dernières années, ils ont dégoûté les gens de faire ce métier. Tous ceux qui ont démissionné, ils adoraient leur boulot avant. Mais aujourd’hui il n’y a plus de motivation, il n’y a plus de personnel, ils embauchent tous ceux qui se présentent, qui n’ont même pas de diplôme ! Pour soigner des gens quand même ! Les élèves infirmiers, il y en a de moins en moins. Avant c’était sur concours, maintenant tu rentres comme ça, sans concours, parce qu’il n’y a plus personne qui se présente. J’ai fait ce métier pendant 36 ans en étant hyper motivée, mais à la fin, sans être démotivée je commençais un petit peu à en avoir marre.

Je ne regrette pas du tout d’avoir refusé la vaccination. J’ai pu le faire parce que ma retraite était proche, et si je l’ai fait ce n’est pas une histoire de vaccin en lui-même, qu’il soit bon, pas bon, ce n’est même pas ça. Je pense que ce vaccin nous enlève notre liberté de penser, la liberté de faire ce que l’on veut. Les gens qui croient qu’en étant vaccinés ils sont libres… Ils ne sont pas libres ! Ils sont esclaves d’un vaccin et d’un gouvernement.

Pour moi, un vaccin ça te protège, toi, contre les maladies extérieures, mais normalement ce n’est pas pour protéger ton voisin. Et puis moi qui fait beaucoup d’allergies, je suis allée voir mon médecin traitant pour qu’il me fasse une dérogation, mais il a refusé de me la faire, alors qu’il me soigne depuis 30 ans. J’ai une panoplie d’allergies énorme, je fais des œdèmes, je gonfle, j’ai des crises d’arthrose, je me gratte de partout, je vomis mes tripes… Je fais vraiment des grosses allergies à tout, que ce soit alimentaires, aérosols, parfums. Quand je commence à avoir le nez qui coule dans un magasin, je me dis « Il y a quelque chose ! » et tout à coup je commence à avoir la gorge qui me gratte et à tousser. Des fois je suis obligée de sortir. J’ai même, dans mon sac, une liste de médicaments auxquels je suis allergique et qu’il ne faut surtout pas me donner au cas où il m’arriverait quelque chose. Mais mon médecin m’a dit que je ne risquais rien. Alors je lui ai demandé comment il pouvait en être sûr, s’il savait ce qu’il y avait dedans. Il n’a pas été capable de me répondre, il ne sait pas, mais il l’injecte malgré tout ! C’est quand même grave !

Une de mes collègues a perdu son mari d’une crise cardiaque sur un terrain de foot. C’était un homme de 40 ans qui faisait du sport et il est mort d’un coup. Une amie, son mari a eu une perte de vision complète suite à la vaccination. L’ophtalmologue lui a dit qu’ils étaient nombreux à défiler chez elle avec de gros soucis de vision et qu’elle n’avait jamais vu une chose pareille. Mais on dit que le vaccin n’est responsable de rien !

Donc j’ai préféré perdre mon boulot plutôt que de perdre la santé.

Là, en fait, c’est un début. Là, on nous oblige à nous vacciner, mais qu’est-ce qu’on va nous obliger à faire après, si on cède à tout ce qu’on nous dit de faire ? Qu’est-ce qu’on va faire de nos enfants dans un monde où on leur interdit d’aller faire des bisous à leur grand-mère, à leur grand-père ? Tu vas les faire vivre comment ? Quand ils iront à l’école tu vas leur dire « Mets le masque, ne touche pas à ça, reste à trois mètres de ton copain parce qu’on ne sait jamais » ? Mon Dieu, mais quelle horreur !

Si les gens ne réagissent pas maintenant, ça va être moche, ça va être franchement moche !