Marie-Madeleine

Infirmière (Nièvre)

« Quand le gouvernement l’aura décidé on entendra : “C’est à cause de vous !” »

Marie-Madeleine a 37 ans. Elle est mariée et mère de 3 enfants. Elle est infirmière avec 9 ans d’exercice. Elle est suspendue depuis le 9 octobre 2021.

Mon métier, je l’ai choisi alors que l’on faisait venir du personnel d’Europe à moindre coût. C’était une réponse à un devoir civique, une tradition familiale mais surtout l’envie de « prendre soin ». Malheureusement, l’environnement de travail peut venir à bout de bien des convictions et lorsqu’il fait entrave à l’essence même de notre raison d’exercer, plus rien n’a de sens. Ce « prendre soin », heureusement, j’ai pu le mettre au service de ceux que j’aime, là où la rentabilité n’écrase rien et où le temps ne frustre pas.

N’ayant pas de télé, je ne sais pas ce qu’on dit des soignants suspendus (au sens très large) mais c’est un sujet presque tabou, car on ne peut pas prévoir la réaction des personnes autour de soi. La compréhension se fait encore un peu sentir chez certains, mais le « C’est bien fait pour vous » n’est pas loin… Quand le gouvernement l’aura décidé on entendra « C’est à cause de vous ! » Au travail, les collègues comprennent ma démarche dans l’ensemble, mais ils le disent du bout des lèvres. On se sent bien seul… Heureusement mon mari me soutient et s’informe, ainsi nous savons que notre cause est légitime.

Les prochains mois vont puiser dans les réserves domestiques et je pense sérieusement à une reconversion, car l’avocat que j’ai consulté hier m’a gentiment fait comprendre que la seule solution pour moi était la démission de mon CDI. De toutes façons, il me sera difficile, éthiquement parlant, de poursuivre. Je pense apprendre un nouveau métier dans l’artisanat et continuer à prendre soin de toutes les manières qui me seront données de rencontrer.

Diplômée en 2006, j’ai exercé presque 9 ans, principalement en bloc-opératoire en clinique et hôpitaux publics jusqu’à ce qu’on n’accepte plus d’infirmiers non spécialisés dans les salles d’opération. J’ai également pratiqué les soins à domicile et depuis novembre 2020, je travaille dans un laboratoire privé d’analyses médicales. Avant cela, j’étais en disponibilité pendant 5 ans pour élever mes enfants et assurer leur enseignement à distance. Aujourd’hui, ils sont inscrits à l’école du village, mais si le gouvernement franchit les portes des écoles, nos enfants reviendront étudier à la maison.

J’ai donc regardé et aidé mes enfants à grandir. Leur avenir, comme pour le nôtre, je pense qu’il se forge aujourd’hui et il sera issu de nos décisions actuelles. J’ai foi en la force de conviction qui habite l’humanité pour se débarrasser de la gangrène de l’exploitation de l’homme par l’homme et de cette moisissure qui a comme nom… l’argent. Je crois beaucoup à un retour aux besoins essentiels, aux métiers de l’artisanat qui sont des lieux sacrés de passation de savoir-faire, magnifiques et utiles. Nous savons tous faire quelque chose de nos mains et nous avons tous une étincelle d’intelligence pour trouver des solutions aux vrais besoins et au service du bien commun. Voyons cette crise comme l’occasion de mettre en mouvement nos talents afin d’œuvrer pour un « vivre ensemble » respectueux de chacun et de notre environnement et un « prendre soin » de l’humanité et de la planète.

Je refuse de me faire  « vacciner » car je ne me soumettrai pas au pouvoir que les puissants veulent exercer sur une population apeurée. Je ne cèderai ni à la peur, ni au chantage. Je ne me ferai pas injecter cette substance, qui est au cœur d’un large réseau de corruption et je refuse de pratiquer également les vaccinations, même si ça rapporte beaucoup ! Là où l’argent est souverain, l’Humain n’est qu’un outil et les dommages collatéraux sont des détails, quand bien même ce sont des vies humaines. J’espère que les prochaines mesures scandaleuses du gouvernement feront se lever la population. En attendant, avec mon mari, nous ferons comme depuis 18 mois… Nous ignorerons les effets d’annonces du président, car c’est donner trop d’importance à cet homme égocentrique et narcissique, car c’est lui donner l’illusion d’une importance et d’un pouvoir qu’il n’a pas.

Trop souvent j’ai entendu les patients louer l’époque où ils étaient en bonne santé et espérer tant la retrouver. La santé est un cadeau, personne ne la mérite, chacun la reçoit comme un don. Je préfère préserver cette bonne santé et travailler autrement plutôt que de garder un poste et mettre en jeu ce don gratuit sans possibilité de revenir en arrière.