Laurent

Médecin (Val-de-Marne)

« Soit il y a une révolte du peuple et j’en serai, soit il y a une résignation générale et je ferai autre chose. »

Laurent a 32 ans. Il est médecin depuis 4 ans, bientôt probablement suspendu (actuellement en congés pour mise en conformité avec la loi du 5 août 2021).

C’est tout un tas d’émotions différentes qui fluctuent, c’est passer de la sidération à la tristesse, la colère, la perplexité. Et puis quand on va dans les manifestations on est soulagé de voir qu’il y a des tas de gens qui pensent comme nous, que ce qu’on est en train de vivre est absurde et c’est très rassurant.

D’une certaine manière je comprends qu’il n’y ait pas plus de monde dans les rues. J’essaye de le rationaliser dans le sens où ils ont réussi à diviser au sein même des familles, des syndicats, dans toutes les parties de la société, les médecins évidemment, ce qui fait que chaque personne s’est retrouvée isolée par rapport à un groupe d’individus et il a fallu que toutes ces personnes isolées se regroupent ensuite et c’était compliqué à faire.

Il y a une forme de solidarité des collègues, qui ne seraient pas dérangés de travailler avec un collègue non-vacciné. Ils préfèrent ça à pas de collègue du tout. J’en ai beaucoup qui envoient des messages de soutien, qui me gardent leur sympathie, qui ne me demandent pas en permanence : « Est-ce que tu vas te faire vacciner ? » , « Est-ce que tu vas revenir ? » Mais de là à se battre contre l’obligation vaccinale ou le pass sanitaire, c’est un basculement auquel ils ne sont pas encore prêts. Parmi mes amis qui ne pensent pas comme moi et qui se sont faits vacciner, heureusement, il y a de l’intelligence et on ne se dispute pas pour ça.

Comment je vois l’avenir ? Ça dépend, soit il y a une révolte du peuple et j’en serai, soit il y a une résignation générale et je ferai autre chose. Je me soumettrai à la loi de la majorité qui veut que quelqu’un de non-vacciné soit quelqu’un de dangereux qui ne doit plus soigner les patients et je ferai des boulots alimentaires comme caissier, surveillant dans un lycée, livreur Uber… Mais je ne me ferai pas vacciner par l’ARN messager. En revanche, si un vaccin à virus inactivé ou atténué, fabriqué selon les méthodes traditionnelles comme celui de la grippe arrive sur le marché, alors là oui j’accepterai de me faire vacciner, mais je pense qu’à ce moment-là il n’y aura plus d’intérêt à ce qu’ils maintiennent le pass sanitaire.

Je refuse la vaccination car j’ai attrapé le coronavirus. J’ai toujours des anticorps et je ne vois pas pourquoi je m’injecterais un vaccin dont la balance bénéfice/risque est encore inconnue pour moi. J’ai acquis une immunité naturelle et les risques du vaccin, on ne les connaîtra de manière très humble que dans 10 ans. Donc aucun bénéfice à espérer pour moi et que des risques inconnus à prendre.

Je ne répondrai pas en tant que professionnel de santé à la question des effets secondaires du vaccin, trop de professionnels de plateaux télé ont déjà donné leur avis. Chacun peut se renseigner par lui-même en allant sur les bases de données officielles (VAERS ou ANSM par exemple). C’est en allant chercher soi-même les informations que nous pouvons faire un véritable choix libre et éclairé.