Karine

Orthophoniste en pédopsychiatrie (Seine et Marne)

« Il faut sortir de cette matrice qui nous a forgés… Pour créer du nouveau et du beau. »

Karine a 54 ans, elle vit en couple et a deux grands enfants. Elle a 15 ans d’activité à hôpital public, Elle est suspendue depuis le 15 septembre 2021.

Au moment du confinement, je travaillais en pédopsychiatrie. Grâce à des formations sur le conte, à la formation d’animateur d’ateliers d’écriture et grâce au partenariat avec la Médiathèque, j’avais mis en place des groupes de langage oral et écrit sur les unités de soins. Avec les enfants et les adolescents, avec mes collègues infirmières, éducatrices, psychomotriciennes, enseignante spécialisée, ensemble, on chantait des comptines, on racontait des histoires, on lisait des albums de littérature jeunesse, on écrivait des contes et des histoires… C’était passionnant et surtout ça fonctionnait !

Début mars 2020, au premier jour du premier confinement, le service de pédopsychiatrie a fermé et tout le personnel a été mis en ASA (Autorisation Spéciale d’Absence). J’étais chez moi, je pouvais être appelée à tout moment. Au bout de quelques jours, la cadre de pôle m’a demandé d’intervenir en psychiatrie adulte auprès des patients hospitalisés. J’y suis allée au pied levé, avec les outils dont je disposais : des livres, du papier et des crayons ! Je suis intervenue dans des services ou les patients hospitalisés étaient enfermés 24 heures sur 24, sans même pouvoir mettre le nez dehors. C’était très dur, pour eux comme pour nous. On travaillait dans la peur : peur d’attraper le virus, peur de le transmettre, peur de souffrir, peur de mourir. Les consignes étaient strictes : masques à changer toutes les 4 heures (sans y toucher avec les doigts), lavage des mains au savon et désinfection au gel hydroalcoolique dès qu’on touchait quelque chose ou quelqu’un, désinfection des surfaces et du matériel après chaque activité, décontamination chaque soir en rentrant chez nous (chaussures laissées dehors pendant la nuit, vêtements lavés à 60 degrés, douche intégrale de la tête aux pieds). Là encore on avait peur de ramener le virus chez nous et d’être responsables, coupables d’une contamination.

Au mois de Juin, le service de pédopsychiatrie a réouvert et je suis retournée sur les unités de soins. Les petits et les grands étaient envahis par les images qu’ils voyaient en boucle à la télé, les informations dramatiques qu’ils entendaient à longueur de temps… Et ils avaient PEUR.  PEUR de ce virus qui allait les contaminer, les tuer… Tuer leurs frères, leurs sœurs, tuer leurs parents, leurs grands-mères, leurs grands-pères, tuer leurs oncles, leurs tantes, tuer leurs copains, leurs copines, les maîtresses d’école… Tuer tout le monde, faire mourir les gens. Je vous laisse imaginer des p’tits bouts d’chou de 5, 6, 7 ans et des adolescents très insécurisés, entourés d’adultes terrorisés.

C’était le règne de la peur et c’est dans ce contexte que la campagne de vaccination a commencé.

Au début de cette campagne, le personnel soignant osait dire « Non, je ne me ferai pas vacciner ». Et puis, petit à petit, les unes après les autres, j’ai vu mes collègues aller se faire piquer, les plus réfractaires attendant la dernière limite, le 15 septembre. J’ai vu plus d’une infirmière aller se faire piquer en pleurant. Elles savaient, elles, elles savaient, elles avaient lu des articles, elles s’étaient informées, sur l’ARNm, sur la protéine SPIKE… Mais elles ont été rattrapées par d’autres PEURS : peur de ne pas pouvoir payer leur loyer, peur de ne pas pouvoir nourrir leurs enfants, peur de se retrouver à la rue, peur de perdre leur travail, peur pour leur avancement, pour leurs points de retraite. « Faites attention ! Si vous êtes suspendue, tous les mois où vous ne travaillerez pas, vous ne cotiserez pas pour votre retraite ! » Voilà un des arguments avancés par l’administration pour pousser à la vaccination ! ça laisse songeur…

Tout ça m’a fait me questionner, je me suis dit : « Mais où est-ce qu’on nous emmène ? »

D’autant qu’à l’hôpital on avait des remontées officieuses. Très rapidement après le début de la vaccination, des infirmières aux urgences parlaient de problèmes de règles chez de nombreuses femmes, d’un accroissement des problèmes cardiaques, de patients hospitalisés pour le Covid malgré une ou deux doses de vaccin. C’était très étonnant, elles n’étaient pas « complotistes » ces infirmières, elles observaient simplement, elles constataient objectivement, tout ça était quand même très étrange. Mais CHUUUUT ! Il ne fallait rien ébruiter : devoir de réserve, discrétion et secret professionnel obligent !

Il y avait aussi un médecin à l’hôpital, un médecin calme, posé, réfléchi, cohérent, logique. Ses remarques et ses questions étaient tout à fait pertinentes. Il était seul contre tous, mais ses paroles m’ont confortée dans ma décision et je le remercie. Il disait : « On n’a jamais vu ça, une vaccination de masse alors qu’on est en phase 3 ! »« Pourquoi cacher qu’on est toujours en phase expérimentale et qu’il n’y a pas encore d’AMM ? » – « Tous ces gens qui se sont fait vacciner auraient dû être payés, c’est la loi ! » – « Tous ces médecins qui parlent sur les plateaux télé ou ailleurs, on ne sait pas s’ils ont des conflits d’intérêt, ils ne le disent pas et personne ne leur demande. Pourtant c’est une obligation légale ».

Moi je sentais bien que quelque chose clochait. Il y avait trop de précipitation, trop de non-dits, d’incohérences, de mensonges :

Pourquoi ne pas dire qu’on est en phase 3 ? Pourquoi refuser aux vaccinés un consentement libre et éclairé ? Pourquoi faire signer une décharge au moment de l’injection ?  Pourquoi interdire aux médecins de prescrire ? Pourquoi interdire les traitements ? Pourquoi dénigrer les propos de scientifiques mondialement reconnus ? Pourquoi refuser le dialogue ? Pourquoi traiter de complotistes tous ceux qui osent se poser des questions ? Pourquoi ? Pourquoi faire passer pour des imbéciles, ignares, sans cervelle ceux qui posent des questions ? Pourquoi retirer toute responsabilité aux laboratoires pharmaceutiques en cas d’effets secondaires ? Pourquoi refuser d’aborder la question des effets secondaires à moyen et long terme ?

Et pourquoi une obligation vaccinale pour les soignants, mais pas pour les enseignants ? Et pourquoi une obligation vaccinale pour les gendarmes, mais pas pour les policiers ? CHERCHEZ L’ERREUR !

C’est tout cela qui m’a fait dire NON à la vaccination. Ce fatras de mensonges, d’incohérences, ce manque de respect et de considération de l’autre, quel qu’il soit. Quand je pense qu’on a fait culpabiliser jusqu’aux adolescents et aux enfants : « Si vous ne vous faites pas vacciner, vos grands-parents vont attraper le virus et vont mourir à cause de vous ». C’est immonde et ça continue. Or, on sait maintenant que l’injection n’évite pas la transmission, qu’elle ne protège pas.

Ça fait maintenant 9 mois que je suis suspendue. 9 mois pour me poser, me retrouver avec moi-même ; 9 mois pour lire, regarder des vidéos, écouter des podcasts, découvrir de belles personnes bienveillantes et soucieuses de l’autre, Thomas d’Ansembourg, Serge Boutboul, Laurent Gounelle, Fabrice Midal, Lise Bourbeau, Marie-France et Emmanuelle Ballet de Coquereaumont… 9 mois pour prendre conscience de mes peurs, les apprivoiser et apprendre à vivre avec ;  9 mois pour faire un pas de côté, prendre de la distance, du recul par rapport au système hospitalier, ses incohérences, le pouvoir grandissant de l’administration aux dépends du soin, la maltraitance du personnel, des soignants, des patients, le manque de moyens et paradoxalement le fait de rester. Rester par conviction, par engagement, mais aussi par facilité, par habitude, par lâcheté, parce qu’on ne pense pas qu’autre chose soit possible. ERREUR !

Au niveau financier, j’ai pu tenir pendant ces 9 mois car j’avais des économies, mais là j’arrive à la fin. Si rien ne change, c’est moi qui changerai de métier. Car non seulement je suis suspendue sans salaire et sans droit au chômage, mais en prime, on m’interdit d’exercer mon métier, on invalide mon diplôme d’orthophoniste ! Ce n’est pas facile de se réinventer, ça demande du temps, du courage, de la confiance en soi, il faut oser ! On est tellement pris dans des systèmes formatés, on est formaté depuis qu’on est tout petit, par l’éducation, l’école, la société. Il faut sortir de cette matrice qui nous a forgés tout en restant ancrés dans la réalité. Nous devons nous demander ce que nous pouvons faire, concrètement, avec nos compétences, mais d’une autre façon, qui soit plus respectueuse de l’humain, du vivant.

Pendant ces 9 mois, je suis passée par des hauts et des bas, j’ai ressenti de la colère, du rejet, de l’abandon, de l’injustice, de la rancœur, de l’aigreur, de la haine, de la déception et de la peur bien sûr. Mais aussi de l’espoir, de l’enthousiasme, du réconfort, des relents d’énergie grâce au soutien de collectifs, de scientifiques, de médecins, de médias indépendants, de journalistes, d’avocats, de politiques, d’artistes…

Je remercie tous ceux qui nous ont donné du courage quand nous en manquions, tous ces humains intègres et sincères qui ont transmis une parole de vérité et qui nous ont soutenus : André BERKOFF et tous ses invités, les Professeurs MONTAGNIER, RAOULT, PERRONNE, Louis FOUCHE, Alexandra HENRION-CAUDE, Alice DESBIOLLES, Michèle RIVASI, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Martine WONNER, Maîtres Fabrice DI VIZIO, Tarek KORAITEM, Carlo BRUSA , Fabien MOINE… sans oublier tous les artistes du collectif « Les Essentiels ».

L’avenir ne semble pas rose. Mais si, au lieu de se morfondre, de se plaindre, de croire que tout est perdu, si au lieu de baisser les bras, de craindre pour l’avenir et de vivre dans la peur, comme dit la chanteuse ZAZ : « Si on ressortait nos pinceaux, pour dessiner à bras le cœur, les contours de nos idéaux. »

Pour créer du nouveau et du beau.