Ils ont été effacés, mettons-les en lumière

Jean-Daniel

Maçon (Essonne)

« Je passais plus de temps au travail qu’à la maison et au bout de 22 ans, du jour au lendemain, on m’a dit vous partez ! J’ai eu l’impression que tout s’effondrait. »

Jean-Daniel a 51 ans, il est marié, il a 3 enfants. Il est suspendu depuis le 15 septembre 2021, après 22 ans au service technique à l’AP-HP.

J’ai vécu cette suspension comme une trahison. Je passais plus de temps au travail qu’à la maison et au bout de 22 ans de service, du jour au lendemain, on m’a dit, vous partez ! comme ça, sans solution, sans salaire, sans suivi. Lâché ! J’ai eu l’impression que tout s’effondrait, d’être mis à la porte, viré.

La suspension : certaines personnes pensaient qu’on était des antivax, en vacances forcées, ils croyaient qu’on percevait notre salaire, mais la réalité n’est pas du tout ça, on n’avait plus rien ! Ce n’était pas facile à vivre, on se pose beaucoup de questions pour la suite. Il y a un gros point d’interrogation et il a fallu un long moment de réflexion, se préparer pour cette sortie….

Mais comment pourrais-je imaginer un retour alors que j’ai été trahi ? Cette situation est inimaginable, insupportable, suspendu sans faute grave, sans avoir eu un conseil de discipline, sans vote, parce qu’on ne servait plus à rien ; non, on servait bien à quelque chose !!! Et la façon dont ça a été exécuté… ! Sans moyen de se défendre.

En mars 2020 il y a eu l’annonce du Président : « On est en guerre ». Mais contre qui ? Quand on est en guerre, ce n’est pas contre quelque chose qu’on ne connait pas. Dans les DOM le virus est arrivé plus tard, comme par hasard en même temps que la période de dingue « grippe », et par enchantement la dingue avait disparu, mais il y avait le Coronavirus…

Pendant le confinement, lors de la première vague, on avait interdiction d’entrer dans les services de soins. On travaillait peu, on nous sollicitait uniquement par nécessité, pour des livraisons de matériels ou parce qu’il fallait isoler une pièce, créer un sas dans un service, avec des bâches en plastique, les séparer à la va vite, mais on accédait de moins en moins aux services. Pourquoi ? Mystère ?

Arrive la suspension : j’ai vu le chef du personnel et j’ai demandé « Si je me fais injecter et qu’il m’arrivait quelque chose : comment ça se passe ? Si je ne peux plus travailler ? Vous faites comment, quoi, qui va s’occupe de ma famille ? » Lui, il avait l’ordre de vérifier si vous aviez votre schéma vaccinal, « l’injection », le reste ce n’était pas son problème, point, ça s’arrête là ! Il m’a répondu « Ben c’est vous qui voyez ». C’est pour ça que j’ai pris la décision de refuser cette injection.

L’entretien a été rapide, le 15 septembre 2021 à 15h, je n’avais toujours pas été convoqué au bureau du personnel. Uniquement des courriers déposés sur mon établi, sans savoir qui les avait mis ; Alors, je ne les ai pas touchés, j’attendais qu’on m’en parle et je répondais que je n’avais pas reçu de courrier. Les responsables me disaient que je devais être en ordre pour mon schéma vaccinal, parce que sinon « Vous ne viendrez plus »…

Quelques jours après j’ai commencé les démarches pour retrouver un travail. Lors de mon inscription à Pole emploi, c’était quand même marrant ; le conseiller m’a dit : « Il n’y a pas de grille pour vous, je ne peux pas vous inscrire ». Alors on fait comment ? Je n’ai plus de travail, plus de salaire et à Pole emploi on ne peut pas ou ne veut pas m’inscrire pour m’aider a trouver un emploi. Le conseiller était sérieux. Alors je lui ai demandé comment je devais faire si mon employeur ne me paye plus et que Pole Emploi ne peut pas m’aider. Pas de réponse… Je suis resté 2 h à attendre dans son bureau ; un moment il est allé voir son responsable et au final il m’a inscrit.

En tant que fonctionnaire je n’avais pas le droit de travailler sans demander l’autorisation à mon employeur, alors que je n’avais plus de salaire ! Et une famille a nourrir.

J’ai fait ce choix, mais je m’étais un peu préparé à la suspension. Étant maçon je pensais que je m’en sortirais et qu’en me débrouillant j’aurais un peu plus de chance que mes amis/es, collègues soignants/es pour retrouver un travail sans schéma vaccinal. D’ailleurs, après quelque temps j’ai commencé à bosser, je faisais des petits boulots à droite à gauche, jusqu’au mois de Décembre. Je faisais mon métier, maçonnerie, carrelage, peinture, mais je ne pensais pas que ça durerait aussi longtemps. Et puis je me suis dit qu’il fallait trouver un poste durable.

La vaccination : je pense qu’il fallait l’expliquer clairement aux personnes, et il aurait fallu ne pas perdre son boulot si vous ne vous faisiez pas vacciner. Quand je travaillais, je ne pensais pas que je devrais partir si je n’étais pas vacciné.

Je suis salarié dans le privé, mais je suis obligé d’être vacciné pour travailler dans l’hôpital parce je suis amené à aller dans les services. Pourtant, je n’ai pas de contacts avec les patients ! Lorsque j’interviens dans un service, une pièce, labo, chambre, ou n’importe quel endroit de l’hôpital, les patients ne doivent pas être présents dans cet espace car on est amené à faire de la poussière, ce sont des travaux de bâtiment… Mais qui pourrais-je contaminer ? Les murs ? Le mobilier ?

Et puis je me suis posé beaucoup de questions sur cette injection. J’ai fait quelques recherches pour essayer d’avoir des réponses sur ce qui se disait, vrai ou pas. Il y a des produits qui sont des poisons dans ce vaccins. Et quand j’ai voulu avoir des réponses auprès des médecins je n’en ai pas eu, aucune explication. J’ai demandé « Le graphène, c’est quoi ? Quel est son rôle ? » Pas de réponse.

On veut vacciner tout le monde, mais on n’a pas essayé de chercher d’autres traitements existants, ni des plantes. En Guadeloupe, en Martinique ou à La Réunion on utilise beaucoup les remèdes de grands-mères à bases de plantes, comme l’herbe à pic, l’Artemisia. Aujourd’hui les industries ne veulent plus qu’on utilise ces plantes. Pourquoi ? Ils nous cachent quelque chose. Je m’étais renseigné, j’ai trouvé des plantes pour soulager ou se protéger, et dès la première vague.

Dans cette crise les médecins ont une part de responsabilité envers leurs patients. Comment on peut dire à un malade de rester chez lui, d’attendre en prenant du doliprane, alors qu’avant cette période, au moindre problème on nous disait de consulter ? Il y avait le protocole du Pr. Raoult, l’hydroxychloroquine, l’Azithromycine… Mais pour le gouvernement non, il n’y avait pas de traitement. Je pensais : « S’il y avait une guerre, que les gens seraient en train de mourir, on devait tout essayer pour les sauver ». Et c’est là que je me suis dit que ce virus, ou cette épidémie, ça n’était pas clair. Le Pr. Raoult, connu dans le monde entier, proposait un traitement. Moi, si j’avais été malade je l’aurais pris son traitement, sans problème.

Cette période de confinement et de suspension m’a réveillé, j’ai commencé à faire des recherches sur la situation de la France, comment on est dirigé, et par qui. Je me suis posé pleins de questions. Et aujourd’hui je pense qu’il ne faut vraiment rien attendre d’eux.

Actuellement, je travaille dans le privé. Je me sens bien. Ça m’éloigne de l’hôpital, j’y pense de moins en moins, mais il y a toujours un « si ». Soit on revient, soit-on ne revient plus. Je pense qu’il y aura un grand moment de réflexion sur la reprise, s’il y a reprise.

Témoignage recueilli en mars 2022

Jean-Daniel a réintégré son service au même poste depuis le 15 Mai 2023.