Hadia

Aide-Soignante (Val-de-Marne)

« Si on devait mourir avec nos patients, on allait mourir avec nos patients. Et voilà la récompense aujourd'hui ! »

Hadia a 52 ans, elle est célibataire. Elle exerce depuis 27 ans en milieu hospitalier.

Quand il y a un problème, je l’attaque, je mets le doigt dessus. D’ailleurs j’ai eu des ennuis par rapport à ça. J’ai suivi la formation d’infirmière, j’ai été jusqu’en 3ème année, je devais être diplômée, il ne me restait que deux matières à valider, mais comme je défendais les étudiants et que je dénonçais les problèmes, ils se sont arrangés pour me mettre dehors. Raison pour laquelle je suis aide-soignante actuellement.

Pour ne pas être suspendue, j’avais posé des congés annuels, car j’ai une contre-indication, mais je devais attendre qu’elle soit reconnue. Mais ce qui est grave surtout, c’est que je souffre, pour moi mais aussi pour les collègues, parce que je ne sais pas ce qu’il va se passer demain. Il y a trop de collègues qui souffrent, qui m’appellent en pleurs, je n’en peux plus.

Ils ne se rendent pas compte à quel point les soignants souffrent. Sur le plan psychologique, c’est une catastrophe. Aujourd’hui, je suis dans l’obligation de voir une thérapeute pour pouvoir tenir debout, tellement je suis angoissée. Je suis malade pour les collègues qui sont suspendus, qui ne vont pas avoir de salaire. Durant le COVID, j’étais en première ligne. Quand ils ont dit le covid est là, j’ai couru pour aider et beaucoup d’autres personnes aussi étaient là. Si on devait mourir ce jour-là avec nos patients, alors on allait mourir ce jour-là avec nos patients. Et voilà la récompense aujourd’hui ! Je ne comprends pas, je ne comprends pas. Il faut qu’ils arrêtent ça, tout de suite. Il y a trop de personnes qui souffrent. Il faut qu’ils arrêtent ça tout de suite.

Aujourd’hui, on nous oblige à nous protéger, mais pendant la première vague, à l’époque, on nous disait que les masques ce n’était que pour les patients, pas pour nous.

Ce qu’il se passe aujourd’hui, c’est injuste et surtout c’est extrêmement grave. Je n’arrive pas à comprendre. Comment peut-on, dans un pays comme la France, obliger les gens à se vacciner ? Plusieurs de mes collègues de travail se sont contaminées pour pouvoir reprendre le travail. Voilà les aberrations auxquelles on arrive. Je n’arrive pas à comprendre.

La réaction de la population, qui semble complétement indifférente à notre sort, c’est la preuve qu’en France, on n’est pas assez solidaire. C’est dommage. Ce n’est pas comme ça à la Martinique.

Moi, je refuse la vaccination, parce qu’il ne faut pas vacciner tout le monde. J’ai failli mourir avec le vaccin de l’hépatite B. Ils m’ont fait une dose, ça ne suffisait pas, deux doses, ça ne suffisait toujours pas et ils sont allés jusqu’à cinq doses ! A la cinquième dose, je suis tombée. Il ne faut pas vacciner tout le monde. Moi je me bats parce que toutes les doses que j’ai eues ça m’a beaucoup affaiblie. Avant d’avoir été vaccinée je courais trois heures non-stop. Le gardien du parc où j’habitais me suivait à cheval et il me disait : « Va t’inscrire aux JO. Parce que tu as une énergie folle. Va t’inscrire aux JO ! » Mais quand j’ai eu ces cinq doses je suis tombée et j’ai eu une fatigue chronique pendant 17 ans. On ne va pas recommencer ! J’ai été victime de plusieurs erreurs médicales, je ne me suis jamais plainte. Mais aujourd’hui je dis ça suffit !

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas me vacciner et je ne le souhaite pas. J’ai une contre-indication, mais ça a été compliqué pour qu’ils l’acceptent. Un médecin a dit non, elle ne doit pas être vaccinée, mais ils demandaient toujours plus de détails, ça n’a pas été facile.

À ce jour je travaille, mais avec la peur au ventre. Tant que l’abrogation du Pass vaccinal ne sera pas prononcée, je serai toujours dans un mal-être. Je vois une thérapeute qui m’aide beaucoup. Je continue à me battre en étant présente dans les manifestations, en partageant des informations sur les réseaux, et par des dons à certains professionnels exclus.