Frédéric

Jardinier (Doubs)

« La nature, la Terre m’ont appris tellement de choses. J’ai envie de retrouver le partage, l’amour de la vie. »

Frédéric a 47 ans. Il est séparé et a deux enfants âgés de 18 et 25 ans. Il exerce depuis 10 ans en EHPAD. Refusant la vaccination Covid, il a obtenu une mise en disponibilité de 6 mois.

J’étais fonctionnaire dans un EHPAD, j’entretenais son parc que je connaissais par cœur. J’ai évolué avec lui, c’était comme mon bébé. Mon plaisir, c’était de faire de ce parc un jardin agréable et réconfortant pour les personnes âgées. J’aimais leur laisser, sur la pelouse, des petites fleurs qu’ils croisaient pendant leur balade.

A la première vague, j’étais en poste, je me suis démené. Il faut dire que c’était tout nouveau, c’était « la guerre » comme ils disaient. Les tensions, il y en a toujours eu dans les EHPADs, le personnel est à bout, tout ça nous mène vers une situation chaotique. Mais là j’ai senti que beaucoup de choses n’étaient pas claires, on n’a jamais vraiment su combien de résidents étaient décédés. Ils ont été privés de visites et quand on prive une personne âgée de voir tout ce qui lui reste, c’est à dire ses proches, ça aussi ça pèse, elle meurt d’abandon, pas du Covid…

J’ai refusé la vaccination Covid mais je ne voulais pas démissionner ; j’étais prêt à trouver une solution d’arrangement, surtout que je n’étais pas au contact du public ni des résidents, car je travaillais tôt le matin et seul. Je n’avais aucun litige avec qui que ce soit. La veille d’être suspendu, j’ai été évalué et j’ai même reçu une super note. Mes collègues ont respecté mon choix et d’ailleurs ils ont quasiment tous attrapé le covid, même vaccinés.

D’abord suspendu, je n’ai pas eu le droit de travailler ailleurs. Mais mes factures, elles, n’ont pas été suspendues. Toutes mes économies y sont passées.  J’ai la pension de mon fils à assumer et quelques erreurs de parcours bien normaux de ma fille à rattraper. Sans l’aide de mes proches, je revendais ma maison et mon jardin. J’ai travaillé toute ma vie, j’ai été honnête, j’ai fait gagner de l’argent aux collectivités à trouver des combines, jusqu’à réfléchir à des projets pendant mes week-ends, tout ça pour en arriver là et être jeté comme un kleenex après s’être mouché dedans ! Je me suis vu au bord du précipice.

Finalement j’ai réussi à obtenir une disponibilité et j’ai retrouvé un travail en tant que jardinier, où l’on ne me demande pas d’être vacciné. J’y découvre autre chose, c’est une nouvelle aventure. Malheureusement, je subis une perte de salaire car je suis employé au SMIC et en plus de ça c’est loin de chez moi. Avant j’étais sur place, en termes d’impact écologique c’était préférable.

Mais ma disponibilité est de 6 mois seulement. J’avais espoir que la situation revienne à la normale, mais l’échéance arrive et la direction me réclame déjà mon certificat de vaccination. J’espère quand même pouvoir allonger la durée de ma mise en disponibilité.

Je suis à jour de mes vaccins, mais je refuse la vaccination Covid parce que je n’aime pas les piqures et aussi parce que je me suis beaucoup documenté. Je m’intéresse au magnétisme et il y aurait des substances comme du graphène dans ces vaccins. Ça ne m’encourage pas, je n’ai pas confiance. Et aussi il y a eu un décès du côté d’une amie, un proche en bonne santé, deux jours après son vaccin, parti d’une thrombose.

Et puis le Covid ne me fait pas peur, d’autant plus que je suis pour la sélection naturelle. J’ai déjà eu un rhume des foins, j’ai cru que j’allais mourir. Le Covid ne s’attaque pas à tout le monde, moi je suis en bonne santé. La santé passe avant tout par la bonne humeur, la joie, le partage.

Je pense qu’il faut s’écouter. Certains qualifient ces injections de viol, je suis assez d’accord. Si encore c’était efficace et prouvé. Et puis cette façon qu’ils ont de l’imposer !

Il y a quelques temps j’ai failli me faire vacciner, mais il fallait signer un papier. Quand j’ai pris le temps de le lire, j’ai fait demi-tour. Je ne sais pas jusqu’à quand je vais tenir mais si je me fais injecter, je suis déjà mort.

Concernant les effets secondaires, beaucoup sont encore dans le déni, sans doute pour se rassurer après avoir été vaccinés. La médecine m’a beaucoup refroidi. Je croyais beaucoup au progrès, car il y a des choses fabuleuses, mais les big pharma, c’est honteux… Quelque chose ne va pas, ce n’est pas honnête, le peuple n’est pas respecté.

En attendant, je suis un peu la politique, mais ça n’évolue pas, ça empire et je ne sais pas ce qu’ils nous laisseront derrière tout ça. Je sais qu’il y a eu beaucoup de mouvement depuis le Covid, certains ont même quitté le pays. De toutes façons nous sommes déjà dans l’effondrement, ça va culbuter, il va falloir s’adapter à de nouveaux phénomènes. Dans ma vie beaucoup de choses ont été modifiées et je me réadapte, je me détache de la consommation. Toutes les informations extérieures passent en moi par des filtres, puis rebondissent, et si j’en souffre c’est que je n’ai pas compris quelque chose, donc je réajuste. C’est comme dans un jardin, chaque plante a son utilité, sa liaison avec la plante voisine et c’est ce qui est beau. Certaines disparaissent à cause de la concurrence, c’est la symbiose, c’est ce que je cherche à retrouver entre l’Homme et son mode de vie.

Aujourd’hui, les Hommes sont en perte de sens, ils se perdent dans des illusions. On pense souvent à ce que l’on n’a pas, on veut trop toujours mieux, et au final on ne vit pas.

Malgré ça je vois les années à venir plutôt belles, parce que je suis déjà un petit peu organisé. Maintenant que j’ai compris, je n’ai plus peur. J’ai des projets plein la tête, je suis beaucoup dans l’imaginaire, l’utopie peut-être, mais la nature, la Terre m’ont appris tellement de choses.  J’ai envie de retrouver le partage, l’amour de la vie, et de rester en bonne santé. Je suis heureux, même si j’ai une petite amertume par rapport à mes ancêtres qui se sont battus pour les libertés que l’on nous enlève aujourd’hui. La France est belle, mais l’ambiance qui y règne l’est moins, avec cette situation mondiale. Des fois je ne suis pas vraiment fier, ni heureux d’être français. J’ai parfois envie de retourner en Guyane pour aller vivre avec ces tribus amérindiennes, des gens plus humains.

En attendant, j’ouvre mon jardin au public. Je donne de la joie, peu importe les opinions. J’ai envie de partager un moment de bonheur, de convivialité. Beaucoup de gens sont friands de ça. D’autres n’osent pas…