Cindy

Infirmière libérale (Nord)

« Ce que je désire, c'est continuer à soigner, mais vers quelque chose basé sur la bienfaisance, la bientraitance, l’interaction humaine. »

Cindy a 39 ans, elle vit en concubinage et elle est maman de trois enfants. Elle a travaillé 20 ans dans différents services hospitaliers, puis elle s’est installée comme infirmière à domicile dans un cabinet infirmier libéral.

J’ai travaillé en structure libérale dès le début du covid. J’ai subi la problématique du port du masque quand il était interdit d’en porter. Ils avaient enlevé tous les masques dans les établissements. J’ai subi aussi le remaniement des pôles, suite à la création des secteurs covid. Il y avait une diminution des effectifs dans les différents secteurs et on a fermé un service. Ce que j’ai pu constater c’est la panique, autour des soignants, de la direction, alors que dans le service il n’y avait personne. Trois patients que j’ai pu observer, des patients âgés avec des comorbidités importantes.

On m’a interdit de porter le masque alors que j’étais symptomatique à ce moment-là et j’étais en soins avec des patients à risque, donc ça s’était mal passé. J’ai subi un rapport, j’ai été pénalisée suite à ça et j’ai démissionné début juillet de cette structure.

Début juillet donc, j’ai fait du remplacement en libéral jusqu’à ce que j’intègre ce cabinet. Nous étions quatre infirmiers, tous en collaboration. Dès le début, on a fait énormément de tests covid, tant PCR qu’antigéniques, et ce que j’ai pu constater à domicile c’est qu’il y avait beaucoup de positifs, énormément de patients positifs de tout âge, sauf les enfants et les ados, donc c’était une tranche entre 30-40 et jusqu’aux personnes âgées, souvent asymptomatiques ou très peu. Quelques-uns symptomatiques, type grippe avec des problèmes respiratoires, infections respiratoires. Ce qui m’a interpellée, c’est le non-soin en fait, le traitement inadapté vis à vis de ces patients, les médecins n’ont pas traité ces patients. Ils ont juste mis ces patients symptomatiques sous Doliprane. Donc c’était des patients qui ont traîné l’infection en longueur et ils avaient du mal à s’en remettre. Alors qu’en tant qu’infirmière j’ai pu constater que c’était vraiment une infection pulmonaire à traiter.

Je n’ai pas eu de patients hospitalisés. Ils ont été suivis à domicile. Sans problème malgré tout, mais des patients avec des séquelles pulmonaires. Quelques-uns avec des fibroses.

Le 15 septembre 2021, j’ai reçu une lettre de mes collègues par recommandé me disant qu’ils suspendaient mon contrat de collaboration temporairement, le temps que tout ça se soulève. Mais bon, bien sûr, ça ne s’est pas soulevé, donc j’ai reçu récemment une lettre de rupture de contrat définitif pour faute grave. La faute grave, c’est le non-respect de la loi du 5 août. Bien sûr, je n’ai pas de schéma vaccinal, donc pour eux, c’est une faute grave, ça leur permet de rompre ce contrat pour qu’ils puissent, je pense, me remplacer.

À l’heure actuelle, j’ai pu trouver un tout petit travail à côté de chez moi, dans une friterie. C’est toujours ça de pris. C’est un peu bizarre parce que depuis 20 ans, je suis soignante et je n’ai fait que ça de ma vie. Aujourd’hui, je suis préparatrice de frites, ça me fait rire. Mais bon, c’est comme ça.

Ce qui me fait tenir aussi, c’est le soutien de personnes résistantes. Je fais partie d’un groupe d’une cinquantaine de personnes qui participent à l’information auprès des écoles, auprès des lycées, auprès des étudiants, des enfants, des parents. Ce sont toutes des personnes qui ont des enfants en général et qui sont très, très en colère contre la maltraitance des enfants à l’école. Le but est de distribuer des tracts qu’on sort nous-mêmes et d’interpeller les parents à la sortie des écoles pour les informer du risque des effets de la vaccination et du port du masque chez l’enfant. En général, ça se passe bien auprès des parents, il y a beaucoup de parents qui sont complètement démunis face à ça. Mais il y a beaucoup de parents qui sont contre les « complotistes », qui sont très en colère contre nous parce qu’ils sont convaincus que la vaccination et le port du masque sont efficaces contre le covid. Malheureusement, on en est là encore aujourd’hui. Il faut savoir que les enseignants sont… comment dire…  « des tyrans » si je puis-je dire cela comme ça. En fait, les enfants subissent énormément. Sur le port de masque, ils sont souvent punis, on les fait culpabiliser.

A chaque action, lorsqu’on distribue nos tracts à la sortie des écoles, la police est appelée par les directeurs, directrices d’ecoles mais en général ça se passe bien avec eux. On ne fait rien de mal, bien au contraire.

Dès le début de la vaccination beaucoup de choses m’ont interpellée. Déjà, le consentement libre et éclairé des patients.

Ensuite, ce qui m’interpellait également, c’était le fait de prescrire sans consultation médicale au préalable et donc, d’injecter (en tant qu’infirmière je n’ai jamais vu ça) une substance expérimentale ; les indications d’effets secondaires n’étaient pas encore relevées. Dans le Vidal il n’y avait rien, c’était interpellant. Mon collègue avait l’habitude d’aller chercher les flacons de vaccination en pharmacie et j’avais pu constater que les flacons étaient libres, sans emballage, sans notice dans le frigo. Ce que je m’étais dit à ce moment-là, c’est qu’il avait enlevé les emballages et il les avait jetés à la poubelle. C’était logique pour ma part et je lui ai posé la question. Il a dit que non, qu’il avait les flacons comme ça, en pharmacie, sans notice, sans emballage. Ça, c’était quelque chose qui me dérangeait vraiment. On n’avait jamais vu ça auparavant.

Et aussi le tarif. On était très, très bien payés à faire des tests, à vacciner, alors qu’une toilette, on était payé 10-15 euros pour 20 minutes de travail alors que c’était physiquement très difficile. Et pour un test, juste un simple test, on était payé 35 euros, donc ça c’est très surprenant. Plusieurs facteurs me faisaient dire qu’il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas. J’ai pu en discuter avec mes collègues et en fait, rien ne leur paraissait anormal : c’était bien parce qu’on gagnait bien notre vie. Mais moi, j’ai très vite pris du recul sur tout ça.

J’ai refusé très rapidement de vacciner la population, parce que c’était de ma responsabilité d’injecter cette substance. Il me manquait trop de données pour faire confiance.

Parfois, les patients me posaient des questions sur cette vaccination. Ne sachant pas leur répondre, je ne pouvais pas leur injecter une substance dont moi-même je n’étais pas convaincue.

Pour finir, ce que je voulais dire, c’est que dans mon cœur, je suis toujours infirmière et j’aimerais à l’heure actuelle rebondir sur quelque chose de plus humain. Une relation soignant-soigné qui est basée sur de la bienveillance. Je suis limite contente d’être sortie de ce système de santé qui ne convient pas. Je me suis toujours sentie à contre-courant et aujourd’hui, ce que je désire, c’est continuer à soigner mais autrement, c’est à dire vers quelque chose de beaucoup plus naturel et basé sur la bienfaisance, la bientraitance, l’interaction humaine, la relation d’aide psychologique… et les traitements naturels.

J’aimerais rebondir vers cette voie, qui me correspond plus.