Cédric

Psychologue en hôpital (Hauts-de-Seine)

« Je vois énormément de colère, mais aussi des gens qui s’écroulent, cloués au lit chez eux parce qu’ils n’envisagent plus aucun avenir. »

Cédric a 39 ans. Il est psychologue en hôpital public travaillant avec des enfants autistes et en psychiatrie adultes, depuis 11 ans. Il est en arrêt de travail.

Je rencontre beaucoup de monde. Je vois énormément de colère, mais aussi des gens qui s’écroulent, qui ne comprennent pas ce qui arrive. Ils ne croient pas que ce soit possible. Je recueille le témoignage de mes collègues pour me faire leur porte-parole, et notamment de ceux qui sont cloués au lit chez eux parce qu’ils n’envisagent plus aucun avenir. Je milite le plus possible pour faire entendre nos voix, montrer nos visages, parce que dans l’espace médiatique, on est totalement “invisibilisés”. C’est une preuve que les médias ne sont plus libres.

Nous sommes dans un brouillard total. Mon avenir, je le conçois au jour le jour, je suis incapable de savoir ce qui va arriver le mois prochain. Il se passe tellement de choses et ils vont encore annoncer d’autres mesures, comme la 3e vaccination des soignants. Je sais que dans l’immense majorité, les soignants n’en veulent pas. Tous mes collègues me soutiennent. S’ils se sont fait vacciner, c’était uniquement pour garder leur emploi. À la 3e injection, il y aura un nombre énorme de suspensions ou d’arrêts de travail. On nous demande de nous faire vacciner pour alléger la pression sur le système hospitalier, mais depuis le début de la pandémie, ils ont supprimé plus de 5 000 lits. Le nombre de soignants mis à pied ou en arrêt de travail a supprimé encore des lits. Et je pense aussi aux pompiers, aux gendarmes, etc. qui sont aussi “invisibilisés”.

Dans l’ancien monde, lorsqu’il y avait 10 ou 20 000 personnes licenciées pour cause économique, tous les médias en faisaient leur Une. Là nous sommes 300 000 à avoir été suspendus, sans prendre en compte tous les arrêts de travail, et sauf quelques rares exceptions, aucun journaliste, aucun politique n’en parle, aucun artiste ne s’élève !

Je refuse l’injection car c’est une vaccination expérimentale et je ne veux pas faire partie de cette expérimentation. Il faut avoir du recul et utiliser la prudence, ce que le gouvernement n’a pas fait. La seconde raison, c’est de montrer, par la suspension, que ce n’est plus juste un problème de vaccin, mais un changement de paradigme de la société. En nous suspendant, ils ont démontré que l’on avait changé de société. Ce n’est plus une démocratie, c’est un système totalitaire qui se met en place.