Barbara

Aide-soignante (Hérault)

« On n’est pas soignant par hasard. Je suis privée d’un métier-vocation, privée de revenus pour juste vivre dignement. »

Barbara a 50 ans. Célibataire, elle a un fils de 24 ans. Aide-soignante depuis 2015, elle a fait le choix d’une reconversion passion. En avril 2018, elle a intégré un EHPAD.

En Août 2021, je suis en arrêt maladie en raison de problèmes de dos. Nos conditions de travail favorisent malheureusement ce type de troubles. J’ai enchaîné avec un congé jusqu’au 13 septembre et j’ai été suspendue le 15.

Au début de cette « pandémie », comme tout le monde, nous sommes passés par une phase de sidération ; ne plus voir personne dehors, dans les villes le silence dans les rues, la vigilance accrue par les gestes barrière… La peur de ce virus inconnu est amplifiée par les préconisations de l’ARS. Pourtant, nous sommes des soignants professionnels, nos gestes sont appris et maîtrisés, ils sont les fondamentaux de notre compétence.

Il y avait très clairement une disparité entre les mesures gouvernementales, les annonces sur la dangerosité de ce virus et les moyens mis en place pour lutter contre l’épidémie ; pas de masques, pas de blouses. Vêtues de simples sacs poubelles nous n’avions, pour tout équipement, que des masques de chantier que nous portions pendant 10 heures.

À mon sens, la première des maltraitances fut celle infligée aux soignants auxquels il était demandé toujours plus d’efforts et de sacrifices ! Dans ce cadre délétère, nous avons vécu une phase de sidération, puis de division au sein des équipes avec différents niveaux d’appréciation de la situation.

Par la suite nous avons dû faire face à deux clusters dont l’origine n’impliquait en aucun cas la responsabilité et le professionnalisme du personnel soignant en poste, mais probablement les injonctions de rentabilité auxquelles les EHPAD sont drastiquement soumis ! Quelqu’un décède, il faut remplir la chambre, on fait entrer un nouveau résident sans précautions, sans vérifier s’il a un test PCR positif.

Nous avons vécu de plein fouet la dureté des mesures de pseudo-protection de nos résidents ; visites des familles derrière un plexiglass, des résidents qui ne reconnaissaient pas leurs proches et les familles qui repartaient en pleurs, quand ce n’était pas l’isolement total en chambre. « Je ne vois plus ma fille, je ne vois plus mon mari… », ceci a eu pour conséquence une augmentation non négligeable de la mortalité dans les EHPADs. Les mesures inhumaines prises par les ARS sont en grande partie responsables de ce drame humain. Et le pire a été les conditions totalement inhumaines dans lesquelles ils sont partis, sans famille, sans que nous puissions leur tenir la main !

J’ai l’intime conviction que nous, soignants, avons été les premiers à subir cette politique sanitaire incohérente (attestations multiples et variées, horaires de sortie réglementées). Nous étions tous très soudés au sein des équipes, mais lorsqu’on a commencé à parler de la vaccination des scissions se sont créées, les plus paniqués ont sauté sur la vaccination et sont devenus très intolérants et culpabilisants. Les réfractaires à cette injection ont été très rapidement « promus » au rang de soignants irresponsables. L’expérience de Milgram était en route !

J’ai refusé l’injection expérimentale car la liberté de gérer son propre corps est fondamentale. Après mon vécu des deux clusters, ayant été au cœur de l’action et n’ayant pas contracté le Covid, je me suis aperçue que la définition de pandémie n’était pas justifiée sur le terrain. Résidents comme soignants, nous ne mourrions pas en masse. Nous avons des nonagénaires et des centenaires qui ont passé ces périodes et qui sont toujours là. Il n’y avait aucune raison d’avoir peur et d’accepter un produit qui n’a pas totalement fait ses preuves, ni dans les tests, ni dans le temps. Mais les gens ont été maintenus dans la peur et ils ne réagissent plus par la raison. Il y a un abus de langage, le mot vaccin a été utilisé pour créer un amalgame, dans les esprits, avec la notion de protection. C’est pourtant un produit expérimental et les gens oublient qu’il a fallu 9 ans avant que le vaccin de l’hépatite B soit obligatoire.

De plus, révoltée par la nature des prises en charge de nos aînés qui sont principalement morts d’un syndrome de glissement par manque d’amour et de contacts avec leurs proches, il était hors de question pour moi d’accepter une solution chimique soi-disant miraculeuse en remplacement de notre immunité naturelle et des traitements allopathiques existants.

On n’est pas soignant par hasard, mais aujourd’hui je suis privée d’un métier-vocation, privée de revenus pour juste vivre dignement… Pourtant, on aurait pu continuer à travailler comme on l’a déjà fait, en se protégeant et en se testant régulièrement. Il y a une volonté d’obliger tous les soignants à recevoir cette injection et d’imposer la soumission par un odieux chantage. Nous n’avons eu aucun droit de réponse, les services administratifs ne voulaient plus nous recevoir bien que la direction ne soit pas soumise au pass. ça faisait deux ans que nous prenions les gens en charge du mieux possible, mais nous, nous n’avons bénéficié d’aucune prise en charge, nous avons été virés comme des malpropres. Au 15 Septembre 2021 ma lettre de suspension est arrivée, sans considération ni empathie de la part de la direction. Nos aînés sont morts sans dignité et nous avons été virés indignement !

Si on avait pu conserver la solidarité entre soignants, la suspension n’aurait pas été possible. Au début, les contacts avec les collègues toujours en poste ont été de courte durée, pour ensuite laisser la place à l’indifférence, alors que nous sommes tous les filles et les fils de familles qui ont lutté pour les libertés. La défiance de la population et le manque de soutien envers ses soignants sont aussi très choquants. Je peux comprendre la panique sous l’influence de la propagande relayée à grande échelle par les médias, mais un grand nombre de gens ont finalement accepté, sans broncher, que des professionnels de la santé publique aussi dévoués soient, du jour au lendemain, mis au banc de la société et traités comme des parias. Il ne faut pas oublier que certains d’entre eux ont reçu des menaces, et parfois ont dû déménager ! Un soignant faisant ce noble métier pouvait être considéré comme un danger pour la société !

Dans le même temps les pouvoirs publics, en pleine « pandémie », ont continué à virer du personnel précieux, à fermer des lits et à mettre tout le système de santé dans une tension intolérable, poussant le vice jusqu’à envoyer les « forces de l’ordre » tabasser du personnel de santé et des pompiers qui manifestaient leur indignation face à ces incohérences et ces injustices ! Quand il y a une vraie pandémie, on ne vire pas les soignants et on ne ferme pas des lits. Lorsque les gens méditeront là-dessus, ils se rendront compte de leurs erreurs.

Cette crise a permis de faire accepter aux citoyens le renoncement à une qualité de soins et de prise en charge. J’ai envie de dire : « Ouvrez les yeux, car pénurie de soignants, patients en danger ! »