Natacha
Docteur en chirurgie dentaire (Gers)
« C’est la soviétisation de la société médicale et au final ce sont les patients qui sont pris en otage. »
Natacha aura bientôt 59 ans. Elle exerce en libéral depuis 26 ans. Elle a été interdite d’exercer pendant 15 mois, du 15 octobre 2021 au 15 mai 2023, avec une petite période de reprise entre septembre 2022 et février 2023. Elle n’a toujours pas retrouvé son activité d’avant la crise et a perdu une grosse part de sa patientèle.
Depuis l’âge de 4 ans je voulais être dentiste, c’est une vocation. Dans ma vie j’ai mes enfants, mon métier, mon cabinet et un petit peu le reste. Ce qui est vraiment la colonne vertébrale, c’est la passion que j’ai pour mon métier. Mais en mars 2020 j’étais contente de faire une pause parce que je n’en pouvais plus. Je voyais bien qu’il y avait un truc qui n’allait pas.
Je suis sortie de la Fac en 1991 et en 1998 j’ai acheté le plus vieux cabinet de la ville. Pendant 8 ans j’ai eu un collaborateur extraordinaire, puis en 2014 il est parti en retraite et j’exerce seule depuis. J’ai des fiches de patients qui remontent à 1960, donc bien avant que je reprenne ce cabinet, mais qui sont restés et que j’ai continué à suivre.
En 2017 j’ai eu un contrôle sécu. J’avais été dénoncée parce que je faisais beaucoup de prélèvements bactériens en bouche pour des tests PCR. On m’a dit que je n’avais pas le droit de faire ça. Je suis passée en commission réglementaire et j’ai compris qu’on ne me jugeait pas sur mes résultats médicaux, que personne ne contestait, mais sur ma capacité à obéir à la réglementation, notamment les recommandations de la HAS avec lesquelles je n’étais pas du tout d’accord.
En mars 2020 dès qu’il y a eu cette fameuse pandémie, quand Macron a dit « On est en guerre », je savais que ce n’était pas sanitaire, qu’il y avait quelque chose de sous-jacent.
Le 12 juillet 2021 je fêtais mon anniversaire et là je me suis dit « Ce n’est pas possible, le corps médical ne va pas accepter. » Pour moi c’était évident, ce n’était pas un vaccin et il y avait déjà des effets secondaires. Ils avaient violé toutes les lois de la médecine, ne serait-ce que la première, celle de la bienveillance. On est là pour faire du bien aux gens, pas pour les contraindre. Alors, j’ai commencé à en parler autour de moi, à mes confrères du département. L’une d’elles m’a dit que j’étais une meurtrière, que c’était bien fait pour moi si je fermais mon cabinet, qu’elle avait fait de la virologie et qu’elle savait mieux que moi.
Puis j’ai commencé à recevoir les recommandations du conseil de l’ordre et quand je suis rentrée de vacances le 23 août j’ai vraiment commencé à disjoncter parce j’avais lu la loi du 5 août, avec les menaces de prisons, et tout. Je me disais que ce n’était pas possible, qu’ils n’allaient pas faire ça. J’en ai parlé à mes patients « Vous vous rendez compte ! Regardez, je suis menacée de prison ! » – « Oui, mais vous savez c’est une pandémie, on n’a pas le choix… Allez, bon courage, docteur… » Je sentais l’échéance arriver et je suis passée de cet état d’incompréhension totale à une peur de plus en plus oppressante.
J’avais commencé à téléphoner aux collègues, je leur disais « Mais vous n’allez pas le faire ! ». L’un d’eux m’a dit « Écoute, je ne sais pas, je cherche une contre-indication », un autre « Je vais essayer de pousser le plus loin possible mais je finirai bien par me faire vacciner ». Une jeune consœur avait écrit sur un groupe WhatsApp « Moi, je n’ai pas envie de contraindre ni mon assistante, ni mes patients. » C’était en juillet et en septembre elle était vaccinée. D’autres m’avaient proposé de faire un faux et je suivais les soins d’une magnétiseuse qui m’avait dit « Il faut que vous fassiez un faux, vous êtes en danger », mais j’ai refusé, je ne pouvais pas faire de faux, ça m’était impossible. En octobre 2021 j’ai décidé d’explorer une piste d’expatriation. Je suis allée en Suisse, j’ai remué ciel et terre, mais rien.
J’avais peur qu’on me retire mon titre, si on me l’enlève je n’ai plus rien, c’est au-delà de la spoliation, c’est autre chose… Je ne pouvais plus fonctionner, j’en étais arrivé à me disputer avec ma secrétaire qui me disait que j’exagérais. Et la dernière semaine j’ai fini en larmes. J’étais en état de choc, je pleurais tout le temps, c’était horrible. Je faisais des cauchemars, je me réveillais, j’avais des hallucinations, ça me prenait les tripes, je voyais des images de militaires venir me chercher pour me mettre en prison. C’est une période où je mangeais beaucoup, j’avais pris 15 kilos. Je suis allée voir un ami médecin, je me suis effondrée sur son bureau et là il m’a dit « Je t’arrête, tu ne peux plus continuer comme ça. » Je ne pouvais pas travailler mais tous les matins j’étais là. Quelquefois des gendarmes venaient, je les connais tous, je les soigne ici, et ils me disaient : « Allez Natacha, venez je vous emmène au centre de vaccination. » – « Non ! »
Le 1er octobre 2021 j’ai reçu une lettre du conseil de l’ordre, me sommant de cesser mon activité au 15 octobre si je n’avais pas les deux doses. Je les ai appelés pour leur proposer une remplaçante, ils l’ont acceptée, elle a commencé aussitôt mais quelques semaines plus tard elle a dû appeler la sécu et on lui a dit « Vous quittez le cabinet sur le champ. Vous n’avez pas le droit d’être là, la docteure qui tient le cabinet n’est pas vaccinée. » Pourtant ma remplaçante était vaccinée, avec deux doses, et elle avait eu le Covid, mais elle a été forcée de partir mi-novembre. C’est vrai que l’un de mes interlocuteurs au conseil de l’ordre m’avait déjà avertie « Les dentistes ont été autorisés à vacciner, ce n’est pas pour rien, ils doivent l’être eux-mêmes. » Et il avait ajouté « L’ARS veut casser du dentiste et du libéral. Ils veulent vous abattre. »
J’ai eu des moments difficiles dans ma vie, ça n’a pas été simple tout le temps, mais là je savais qu’il se passait un truc et je ne comprenais pas ce que c’était. Et en décembre 2021 j’ai vu un reportage sur la pédo-criminalité et je me suis dit qu’on avait affaire à des forces supérieures qui nous dépassent, bien au-dessus de nous. C’était le bien contre le mal, la lumière contre l’ombre. De le comprendre ça m’a un peu apaisée et j’ai travaillé sur les notions de temps, d’espace matériel pour essayer de me calmer.
Après ça a été la descente aux enfers, vraiment. J’étais malade tout le temps. J’ai eu le covid en décembre 2021, mais je n’étais pas du tout en état psychologique de reprendre et là j’ai sombré complètement. J’ai eu des broncho-pneumopathies à répétition, j’avais de la fièvre, je toussais, je n’arrivais plus à parler, je suffoquais et ça a duré comme ça jusqu’en avril 2022. C’est comme ça que j’ai été en contact avec Covisoins.
Mon cabinet n’a pas fonctionné de novembre 2021 à septembre 2022. J’avais bien eu un test positif en juillet 2022, j’aurais donc pu reprendre de juillet à novembre puisque que depuis février 2022 la validité du certificat de rétablissement était passée de 6 mois à 4 mois, mais je n’avais pas voulu revenir, je n’étais pas prête. J’ai été auditionnée en Suisse, la directrice voulait m’embaucher, mais en fait j’ai tout fait pour qu’elle ne me prenne pas, j’ai parlé des effets secondaires des vaccins, elle s’est braquée, on s’est disputé et je suis partie. Puis je me suis dit : « Il faut quand même que tu reprennes, ton cabinet est ici, tu as construit tout ça toute seule. ». Et puis c’était mon point d’ancrage, j’en avais besoin.
J’ai donc repris en septembre, le cabinet était ouvert mais je n’arrivais pas à travailler normalement et là le conseil de l’ordre m’a vraiment fait harcelée. Il faut se rappeler qu’ils modifiaient les règles tout le temps et comme Véran avait fait une note de service limitant à 3 le nombre de certificats de rétablissement, après quoi il faudrait avoir 3 doses pour pouvoir travailler, je savais que mon temps était compté. Donc je faisais régulièrement des tests et il s’est avéré que j’étais à nouveau positive en septembre 2022. Positive mais asymptomatique, j’adore !
Fin octobre, en refaisant des tests j’ai à nouveau été positive, ce qui m’amenait normalement jusqu’en février 2023. Mais l’ARS a aussi commencé à me harceler en me disant que j’étais hors la loi. Ce n’était pas vrai mais ils avaient perdu un des tests qui aurait justifié un certificat de rétablissement.
J’ai reçu un premier recommandé en janvier 2023. Je l’ai posé sans l’ouvrir, j’ai appelé mon avocat, il m’a demandé de le lire et j’ai dit « Non, je n’ai pas envie, je les emmerde. » Ils ont continué à me harceler par mail, des mails adressés à une vingtaine de personnes que je ne connais pas, donc ils ont violé le secret médical et tout le monde s’y est mis, le conseil de l’ordre départemental, régional, national, les ARS…
Je n’étais vraiment pas bien, le 19 février 2023 j’ai dû refermer le cabinet mais le 13 un de mes patients est arrivé et m’a dit : « Voilà, on t’a vue au fond du trou, j’ai monté un collectif pour te soutenir, j’ai ouvert une pétition ». A ce moment-là j’ai commencé à alerter les députés et avec le collectif qui me soutenait ici on a fait énormément d’actions. Tous les jours il y avait un truc, on envoyait des lettres recommandées, des interpellations, même jusqu’à l’Europe. J’avais essayé de joindre la députée européenne Virginie Joron, elle m’a rappelée, je l’ai rencontrée en avril 2023 quand elle est venue dans le Tarn et là j’ai compris. J’ai compris que c’était mort, que tout était corrompu, que ça ne servait à rien. Elle a beaucoup, beaucoup défendu la cause des suspendus, elle a créé une commission Covid, mais étant députée RN le débat tournait aussitôt à un affrontement politique.
A ce moment on entendait dire que l’abrogation de la loi du 5 août 2021 allait être débattue par les députés le 4 mai. Je suis allée voir les gendarmes et je leur ai dit « J’en ai plus que marre, cette loi est illégitime, sachez que je réouvre le cabinet à partir de lundi prochain ». Le gendarme était très embêté et il me dit « Pourquoi vous êtes venue nous voir ? » Je lui ai répondu « Je veux simplement savoir combien de temps il va falloir au procureur pour que vous veniez me mettre en garde à vue, parce que c’est bien de ça dont il est question. » Et là un des gendarmes me dit : « Mais il va y avoir un vote à l’Assemblée Nationale, non ? » Moi je n’y croyais pas, je sentais que ça serait encore de la tricherie, qu’il y aurait une entourloupe et je lui dis « Je réouvre le cabinet quoiqu’il arrive. » Et là il m’a demandé d’attendre que ça passe à l’Assemblée et de voir après.
Le 4 mai je reçois un SMS du député d’ici qui me dit « Voilà docteur, on a statué. La loi part au Sénat mais on a gagné. » Donc je savais qu’on allait pouvoir être réintégré mais à partir de quand, on ne savait pas, il fallait attendre la validation par le Sénat. Mon avocat me disait « Écoutez Docteur, vous en avez assez bavé, attendez encore un peu, c’est une question de jours. » Mais les jours passaient, le 4, le 6, le 9 et toujours rien, j’ai donc repris des rendez-vous à partir du 15 mai. Et le 14, c’était un dimanche matin, on a su qu’on pouvait réouvrir le lendemain. Jusqu’au bout ça a été un irrespect total ! Après 20 mois d’angoisse quotidienne sans savoir chaque jour quand nous serions réintégrés, on l’a su le 14 pour le 15 !
On a quand même été le dernier pays dans le monde à réintégrer les soignants et c’était ça l’entourloupe, le Sénat n’a jamais débattu ! La loi n’est donc toujours pas abrogée, le gouvernement a simplement passé un décret le 15 mai 2023 pour « suspendre la suspension » des soignants non vaccinés.
Je n’ai pas retrouvé mon activité d’avant la crise. J’avais un fichier de 5 000 patients avec un petit noyau dur qui prenait régulièrement des nouvelles pour savoir quand j’allais réouvrir et qui est resté, mais la grande majorité de ma patientèle n’est pas revenue. Beaucoup sont partis ailleurs, je ne juge pas, c’est comme ça, mais ce qui m’a beaucoup déçue c’est que je pensais vraiment qu’ils avaient compris. Ce n’est pas le cas, ça m’a rendue très triste, il y en a même un qui m’a dit : « Madame, avec vos prises de position Pasteur se retournerait dans sa tombe. » Je lui ai dit : « Quand vous serez au point au niveau de vos connaissances sur les vaccins on en reparlera tous les deux. » Je pensais qu’il ne reviendrait pas et il est revenu. Alors oui, ça avance parfois, doucement parce qu’ils ont chacun droit à leur piqûre de rappel, mais avec les nouveaux patients c’est super, ils comprennent bien ma façon de voir les choses, ils sont dans une ouverture d’esprit. Il n’y a jamais de hasard finalement.
Je me suis longtemps interrogée, pourquoi j’ai décidé de ne pas me faire vacciner alors que tout le monde y allait ? Et même ceux qui faisaient des faux, c’est pareil, ils faisaient semblant d’obéir ! Je le disais à mes confrères, à ceux qui font de la dentisterie holistique notamment « Mais vous faites des faux, c’est la même chose, vous validez ce système ! » Donc il y a eu très peu de solidarité entre confrères et j’ai même deux consœurs que je connais depuis 30 ans qui m’ont humiliée en public en me traitant de complotiste. J’avais aussi deux praticiens qui m’appelaient de temps en temps et un jour j’ai compris que l’un d’eux faisait partie du conseil de l’ordre en fait. Je ne l’avais pas vu à l’époque, parce que je m’en fous de tous ces trucs. La seconde c’est celle qui m’avait traitée de meurtrière. Elle m’appelait régulièrement « Comment tu vas ? » – « Tu vois bien ce qu’il se passe ! Comment veux-tu que j’aille ? » – « Oh, ma pauvre, tout ce que tu as perdu, ton gros cabinet que tu avais rénové… » Et puis après ils ne m’ont plus appelée. Et je vois aussi les changements de comportement. J’avais des confrères dentistes ou des correspondants médecins qui m’adressaient des patients, c’est fini maintenant.
Du coup je suis sortie modifiée de tout ça, je ne suis pas la même qu’avant, ça c’est sûr, parce que malgré les soutiens j’ai vécu toute cette période difficile en solitaire. Les seuls soutiens que j’ai eus c’était avec Réinfo Covid, Covisoins et le collectif qui a réussi à obtenir 26 000 signatures pour me soutenir avec leur pétition. Et Wilfried aussi, un confrère dentiste qui s’est fait vacciner pour rester dans le système et aider de l’intérieur. C’est lui qui organisait les crêpes solidaires à Toulouse. Je le voyais souvent, je discutais beaucoup, mais les autres confrères, zéro, rien. Alors oui il y avait les réunions à « La Maison Bleue », mais les gens que je voyais là-bas étaient joyeux, ce n’était pas des dentistes ni des médecins, à part Wilfried, ou Caroline que j’ai rencontrée plus tard. C’était beaucoup de personnes du paramédical ou des médecines alternatives et à chaque fois que j’allais là-bas je les voyais contents de se retrouver et je me disais : « Mais comment ils font pour être joyeux ? » Donc je ressentais ce décalage et je crois qu’ils m’ont vue un peu comme une cinglée parce que j’étais vraiment, vraiment affaiblie psychologiquement.
Et dans la rue aussi, je regardais autour de moi et je me disais : « Mais comment on fait pour avoir des projets dans cette société aujourd’hui ? » Et c’est ça qui m’avait interrogée et qui me rendait triste. Ce n’était pas que ma suspension, c’était tout ce qu’il y avait derrière. Je ne comprenais pas la population, et encore maintenant j’ai du mal. Je voyais bien comment on me regardait, le radiologue qui était à coté par exemple, quand il venait en décembre 2021 il me prenait pour une cinglée, il me l’a dit. Et deux ans après il m’a dit « Mais t’avais raison ! » Il me le dit maintenant, mais c’est surtout par rapport à la façon dont la société a évolué. Et même mes propres enfants, ils étaient loin, ils ne m’ont pas du tout soutenue, mais parce qu’ils avaient peur en fait, je l’ai compris. Ma fille venait de temps en temps, parce qu’elle suivait un traitement d’orthodontie et je l’emmenais chez ma consœur qui est une copine. Quand je rentrais dans le cabinet je voyais l’activité normale et moi j’étais suspendue. Je me disais « Mais dans quel monde je vis, moi ? » Ça a été vraiment très, très dur.
Alors dans ma profession il y a eu des changements importants au niveau des instances, ça date de la semaine dernière mais peut-être qu’il va se passer quelque chose. Mais je vais être cash, je n’ai aucune considération pour mes confrères qui jouent au docteur et qui, sous prétexte d’être docteur de ci ou de ça se permettent d’être vindicatifs vis à vis des patients, même quand ils font de graves erreurs de diagnostic. Il faut savoir jouer au docteur… Je le dis parce que quand j’ai repris en septembre 2022, cela faisait 6 mois que ma petite mamie de 74 ans, que je ne connaissais pas avant, traînait de dentistes en dentistes, et jusqu’aux urgences de Auch. Ils étaient tous passés à côté d’un cancer de la langue ! Le cancer de la langue c’est très agressif et aujourd’hui elle n’a plus de langue ! Quand quelqu’un se plaint de la langue, en 15 jours si ce n’est pas réglé il faut actionner. Je trouve qu’on a des confrères très obscurantistes, qui sont dans un dogmatisme, pas du tout dans l’ouverture et cette période m’a permis de comprendre pourquoi j’ai toujours été solo dans ma profession. Moi j’ai d’autres outils pour prendre en charge les patients, parce que j’ai en face de moi des individus, des êtres humains. Ce ne sont pas juste des dents et un chiffre d’affaires à coller à ça. Je prends le temps, j’explique, alors j’explique peut-être trop parfois, mais voilà, c’est une vision très élargie, j’ai pris de l’assurance par rapport à mes diagnostics et à mes prises en charge parce que j’ai passé ma vie dans mon cabinet, j’ai acquis des années d’expérience et j’ai développé mon intuition. Je m’intéresse à d’autres techniques, à soigner les gens différemment et surtout avec une autre intention. J’adore ce que je fais, j’adore soigner les gens, leur redonner le sourire. Le petit papi qui est parti tout à l’heure, il était content… Je crois que c’est ça l’avenir de ma profession.
Mais attention, ils veulent nous faire sauter, ils ont déjà modifié la fiscalité et je pressens ce qui est en train d’arriver, donc les projets c’est difficile d’en avoir. En décembre 2022 j’avais su qu’une société rachetait tous les petits cabinets de radiologie. Cette société a été créée en 2021 ou 2022, je ne sais plus, avec un capital social de 4 millions et demi et quand tu regardes un peu l’organigramme il y a des accointances avec des gens du ministère. Et maintenant cette société a elle-même été rachetée par un grand groupe financier. C’est la mutualisation des moyens, mais c’est surtout la soviétisation du corps médical. J’en ai parlé avec le député au cours d’une manifestation des agriculteurs à Auch, en février 2024. Il m’a demandé si j’étais contente d’avoir repris et j’ai répondu « Monsieur le député, vous êtes prêt à la soviétisation de la société médicale ? » Il m’a dit « Vous exagérez. » J’exagère ? Et bien voilà, dans la Dépêche d’hier on annonce la fermeture du centre de radiologie de Samatan. Il ferme alors qu’il vient d’être racheté ! Et moi, si la radiologie n’est plus là il me faut un 3D pour faire un diagnostic et orienter le patient. C’est un investissement très important pour moi.
La deuxième chose c’est qu’ils viennent de changer la fiscalité pour les professions libérales qui étaient en société. Avec ce statut maintenant on se fait démonter par les impôts. Donc l’avenir est incertain et pour l’instant je n’ai pas de projet, j’attends de voir. Mais dans ma profession c’est difficile de ne pas penser à long terme, il y a des plans de traitement qui durent des mois, parce qu’il y a des phases de cicatrisation. La seule chose dont je suis sûre c’est que je vais refaire mon stock de matériel et si jamais ils nous interdisent encore d’exercer je ne fermerai plus. Je suis en train de réfléchir à des moyens de défense, je suis prête à aller au combat, je ne me laisserai pas faire. Moi, je suis là pour soigner, j’adore soigner, mon domaine de compétences c’est le soin. Après, me projeter dans cette société ça va quand même être très compliqué.
J’ai refusé cette injection parce que quand les hommes politiques prennent des décisions médicales ça ne va pas. On ne soigne pas une maladie avec du doliprane, il faut arrêter ! La deuxième raison c’est qu’il n’y a pas qu’un seul traitement pour une maladie et il y a des paramètres individuels à prendre en compte. La troisième raison c’est le chantage. La carotte et le bâton ce n’est pas de la médecine ! Et on oublie quelque chose de fondamental, c’est le bien-être du patient. Cette campagne vaccinale a été étayée par de nombreuses interdictions, l’interdiction de soigner, d’utiliser des médicaments, l’interdiction de parler, l’interdiction par la loi tout simplement ! Quand on lit la loi du 05 août et tous les décrets, ça n’a pas été fait en 15 jours, ce n’est pas vrai, tout avait été verrouillé. Ils avaient pensé à tout, dans les menus détails, que l’on soit salarié à l’hôpital, livreur d’oxygène, etc.
Je ne fais pas de la vaccinophobie, je ne suis pas antivax ou tout ce qu’on veut, mais je me dis qu’il n’y a pas un remède miracle pour tous. Et puis pour sortir un produit il faut du temps, pour un médicament il faut une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), il y a des phases incompressibles et là elles ont été raccourcies. Il y a eu des violations de process, un manque de réflexion médicale à tous les niveaux. Et cette pression qu’on avait en permanence, avec le QR code, les masques… Je n’étais pas OK avec ça, il y a vraiment de quoi s’insurger à tous les étages ! C’est tout un ensemble en fait et plus je grattais plus je voyais que j’avais raison. Donc obligatoirement je ne peux être que sceptique. La vraie question c’est qu’est-ce qui se trame derrière ?
Je sais aussi que je réagis mal aux vaccins. Chaque fois que je me faisais vacciner j’avais des réactions très fortes. L’hépatite B je n’en ai fait qu’une partie et comme j’ai des anticorps (je l’ai testé il y a quelques années) je ne vais pas me refaire vacciner. Il y a eu tellement d’incohérences comme ça et de violations de nos droits que j’ai eu beaucoup de doutes.
J’aurais beaucoup de choses à dire encore. Que font mes confrères dans leur cabinet ? Comment ils traitent les patients ? Alors j’ai compris qu’il y a des gens qui acceptent d’être traités sans considération. J’ai appris que là, à Condom dans le Gers, il y a un cabinet dentaire qui fait encore attendre les patients dehors. Dans le cabinet c’est charlotte, masque et sur-chaussures, aujourd’hui en juin 2024 !
Des exemples il y en a plein, mais j’en ai un qui m’a vraiment choquée parce que c’est comme une prise d’otage en fait. En décembre 2022 j’avais reçu une patiente qui s’apprêtait à donner un rein à sa fille de 18 ans. La gamine ne voulait pas être vaccinée, le chirurgien exigeait 3 doses et finalement elle a dû obéir. Elle a été opérée en janvier 2023 et quelque temps après sa mère est revenue au cabinet, défigurée par le stress. Sa fille faisait des pyélonéphrites (infections bactériennes du rein) tous les 15 jours depuis la greffe et la néphrologue exigeait la 4ème dose. Là c’est vraiment un abus de pouvoir d’un professionnel de santé vis à vis de ses patients parce qu’il se croit au-dessus d’eux. Moi je ne soigne pas mes patients en leur disant « Si vous ne faites pas ça vous allez perdre vos dents. » Et cet abus de pouvoir, un jour il faudra que tous en rendent des comptes, qu’ils présentent leurs excuses et qu’ils dédommagent les victimes. Mais à tous les niveaux, parce que ça suffit ce corps médical qui se croit tout puissant sous prétexte qu’ils ont la connaissance. Mais quelle connaissance en fait ? Et le droit du patient à disposer de son corps ? Et le consentement libre et éclairé ?
C’est cette transformation là que je vois, comme les médecins d’à côté qui se sont déconventionnés l’année dernière. On a tous signé la pétition parce qu’au final ce sont toujours les patients qui sont pris en otage. Je n’ai plus du tout confiance dans le corps médical aujourd’hui. Si j’ai un problème de santé je vais chercher une autre solution pour le régler, parce qu’il est hors de question que je sois entre leurs mains.
Depuis longtemps j’ai un autre regard sur ma pratique, je fais aussi de la neuro-musculaire et de la posture. Il y a le corps mais aussi les émotions, le métabolisme, l’environnement, l’univers… Tout est en inter connexion et quand on dit à un patient que c’est dans la tête, c’est irrecevable.
Par contre, il y a un truc très important que j’avais soumis à mes confrères dentistes en septembre 2022, je leur avais demandé s’ils n’allaient pas ajouter une ligne « Avez-vous été vacciné ? » dans leur questionnaire médical. Parce qu’il y a tellement de pathologies qui peuvent impacter notre exercice, et j’en vois beaucoup maintenant. Un patient qui me dit avoir certains troubles depuis 2 ans, je cherche à savoir s’il a été vacciné et quand. Mais s’il a une fatigue chronique, des acouphènes, des douleurs aux cervicales et que cela fait 20 ans, là je me dis qu’il n’y a pas forcément de lien, même si le vaccin a pu occasionner une réaction. Il faut en permanence s’interroger.
Pourtant je n’ai eu aucune réponse de mes collègues. L’omerta du corps médical doit cesser !
Témoignage recueilli en juin 2024
