Sylvie Désarménien

Aide-soignante (Puy-de-Dôme)

« En hommage à tous les soignants que l’on maltraite et pour que jamais on n’oublie Sylvie. »

Sylvie avait 53 ans. Aide-soignante en service de réanimation, elle avait consacré sa vie à soulager la souffrance des autres. Elle a été broyée par un système de “santé” déshumanisé qui bafoue les droits les plus élémentaires de l’être humain, celui du consentement libre et éclairé et du choix de recevoir ou non un traitement.

Que son âme réveille les consciences et illumine les esprits libres et généreux.

« Nous avons perdu une amie résistante. Sylvie Désarménien.

Après des mois de harcèlement à son travail et des soucis personnels trop lourd pour elle j’imagine, elle a mis fin à ses jours hier. Jour de deuil pour cette soignante. Elle avait dévoué 35 ans à cette Institution, qui a fini par la traiter comme une moins que rien, pour ne pas avoir voulu céder au chantage. Elle avait fini par se faire vacciner à contre-cœur, pour arrêter de subir le chef de service, aider ses collègues et patients, subvenir à ses besoins et conserver son ancienneté et son travail.

C’est triste.

Sylvie était mon amie, on a tout traversé ensemble ces 18 derniers mois. Malgré la lutte qu’elle a menée avec notre association juridique, y’a rien eu à faire.

On va lui rendre un bel hommage et il sera adressé à tous les soignants que l’on maltraite. C’est inadmissible. Elle a sacrifié sa vie entière pour ses patients en phase terminale. Elle était aussi clown bénévole, pour soulager la souffrance d’autrui. Et sans doute s’aider elle-même à faire ce travail difficile. Personne ne l’aurait fait mieux qu’elle.

Elle avait tout de la soignante bienveillante, précautionneuse, à l’écoute et dans la joie malgré les difficultés. Elle me parlait toujours de ses patients avec plein d’amour et de dévotion. Plein d’anecdotes. Toute sa vie tournait autour de l’aide aux autres.

Et aujourd’hui, on ose lui reprocher son égoïsme ?

Paix à son âme.

Ne vous inquiétez pas, je serai en forme samedi. Car mon amie Sylvie était clown et n’aurait pas voulu que je m’apitoie, mais que je trouve le moyen de rester positive pour les autres, parce qu’on n’a pas d’autre choix que de soulager nos maux les uns les autres, par l’humour et la compassion. Elle a été un exemple pour moi, n’a jamais eu un mot de haine pour ses collègues alors que moi je l’ai, la haine !

Une belle âme et une amie est partie.

J’espère que la France entière est en deuil pour ses services publics détruits. Que son visage interroge les consciences. Qu’il soit dans tous les cœurs la lumière du Grand Réveil.

Et que jamais on ne l’oublie. »

Claire, amie de Sylvie et compagnon de la Résistance