Evelyne
Podologue (Cher)
« J'avais fait le choix de l'humain avant celui de l'argent. »
Evelyne vit seule, elle a 60 ans. Après plus de 30 ans exercice elle a été contrainte à cesser son activité au 15 septembre 2021. Le conseil de l’ordre l’a contrainte à renvoyer ses patients vers ses collègues. 3 ans de salaire et de cotisations retraite perdus, elle a ainsi été privée de la vente de sa patientèle, fruit de plus de 30 ans de travail.
Fille de paysans, j’ai appris dès 9 ans les valeurs du travail, de la rigueur, du respect et de l’argent. J’ai mis toute mon énergie dans des métiers paramédicaux avec empathie.
J’ai obtenu un CAP de Technicienne de laboratoire en 1981, mais je ne pouvais faire que le nettoyage et la stérilisation du matériel. Pour être laborantine le bac F7 était obligatoire, première déception. J’ai exercé ce métier en reprenant en parallèle mes études au CNED (remise à niveau bac, BP, diplôme prélèvements et BTS). Je travaillais 39 heures par semaine, je faisais les gardes de nuit 10 jours par mois et les gardes de week-end ou de fêtes 2 fois par mois. Malgré tous ces efforts et les promesses d’augmentation je suis restée au SMIC pendant 10 ans. Déjà à cette époque j’ai eu le sentiment d’une tromperie sur les études, sur les salaires et sur les niveaux d’ancienneté en clinique. Je pense à tous ces gens qui s’appliquent dans leur travail et qui resteront toujours au SMIC, ou qui ne gagneront peut-être que 100 euros de plus en 40 ans.
J’ai fait un emprunt (sous condition d’hypothèque de la ferme familiale) pour reprendre les études. J’ai choisi la podologie, soins et autonomie ; ce sont des études coûteuses en établissement privé et la bourse n’en réglait qu’un tiers. J’ai travaillé chaque week-end au Ritz à Paris pour payer ma chambre de bonne et la nourriture, puis diplôme en poche je me suis endettée à nouveau pour m’installer. Jusqu’à ma quarantième année je n’ai fait que payer mes dettes et mes charges, me donnant à fond à mes patients très âgés (70 à 85 ans), passant souvent le double du temps prévu, soit une heure pour soigner, masser, écouter, expliquer et faire de la prévention (création de semelles). Mon travail est toujours passé avant ma vie personnelle, je n’ai pas eu d’enfant, je voulais adopter mais la DASS en a décidé autrement. J’aimais mon métier, ma liberté d’exercer, je prenais soin de mes patients comme de mes grands-parents. J’avais fait le choix de l’humain avant celui de l’argent. Mon salaire était modeste mais je dormais en paix, mon travail était accompli honnêtement.
J’ai ensuite étudié la naturopathie pour ma santé et j’en ai fait bénéficier mes patients bourrés de médicaments, épuisés d’effets secondaires.
Forme d’Agonie
Le tsunami Covid a commencé pour moi un an plus tôt. Le 8 mai 2020 je venais de me faire voler 5 000 euros par phishing sur mon compte bancaire ! Déjà un drame. Quand Macron a annoncé que le virus Covid-19 se propageait mon premier réflexe a été de protéger les gens autour de moi. J’avais 200 masques, dans l’urgence j’en ai distribué la moitié dans les boîtes aux lettres des voisins et à la famille.
À la radio la valse des gants, puis des masques m’interpelle. Les infos et les directives diffusées en permanence sonnent faux. Je m’interroge à chaque nouvelle annonce, je dois trouver rapidement des sources d’infos fiables sur le virus du Covid-19, ses variants, la protéine Spike, l’ARN, le graphène… Je fouille sur YouTube, j’écoute les infos de Sud Radio, Cnews, Odysee et TV Liberté. Les vidéos des professeurs Montagnier, Perronne, Raoult me confortent dans mes valeurs, grand merci à ces savants intègres.
Très tôt les manifs du samedi se sont organisées. Plus de doute je n’étais pas seule : médecins, collègues, paramédicaux, secrétaires, pompiers, mais aussi enseignants, retraités. Puis création du collectif réinfo COVID par le docteur Louis Fouché et du syndicat Liberté Santé avec les médecins. Peu à peu nous tissons une nouvelle toile d’énergie positive pour le monde de demain. Ne pas perdre son discernement, ne pas rentrer dans la peur. Nous avons été éclairés par de belles personnes, telle la conférence de Laurent Mucchielli, directeur de recherche en sociologie au CNRS, auteur de « La Doxa du Covid », Amine Umlil, le conseil scientifique indépendant, quelques avocats (Carlo Brusa, Maud Marian…), quelques journalistes (André Bercoff, Verdi, Idriss Aberkane), la député Virginie Joron… J’ai lu des ouvrages passionnants des Dr Perronne, Henrion-Caude et aussi Robert F. Kennedy Jr, Marc Menant… Tout cela assure mes convictions « En priorité ne pas nuire ».
Une cousine m’envoie le film « Hold Up » ; constat glaçant, un médecin confrère de confiance intervient dans ce film, le scénario me parait horrible mais pertinent, je me répète en boucle « Ils en sont arrivés là ! » Plus de sommeil régulier à partir de ce jour. Après deux divorces très longs et douloureux où j’avais tout perdu (toit, meubles, auto, santé), j’ai étudié la manipulation du pervers narcissique. Je comprenais que nous étions gouvernés par des tyrans.
En 2020 mon chiffre d’affaires baissera d’un tiers parce qu’on conseillait aux gens âgés de rester chez eux. Coup dur, deux de mes patients viendront me voir avec 8 à 10 mois de retard pour leurs soins de pied, l’un âgé de 72 ans avec une gangrène ! Il sera opéré et mourra et le second, 90 ans, sera amputé des orteils.
Dès le début de la vaccination autour de moi les effets secondaires n’ont pas tardé. Nombreux AVC, scléroses en plaque, récidives de cancer, malaises, dermatoses, burn out… Ma belle-sœur, souffrante d’une polyarthrite ankylosante depuis 30 ans, avait été obligée de se vacciner parce qu’elle était aide-soignante. Tout de suite après elle a fait des crises d’inflammation, suivies de deux opérations, lombaire et sacrum, et à 56 ans elle n’a pas repris son travail depuis mars 2024. Une de mes sœurs, 58 ans, a fait une thrombose sous claviculaire et a été opérée dans l’urgence ; l’ami de maman, 84 ans, a été traité pendant trois mois suite à une thrombose de la jambe.
Je recevrais deux lettres recommandées de l’ARS me sommant de me faire « vacciner ». Je dois prendre ma décision, je décide d’y répondre par la négative, en argumentant sur la base des études et des recommandations des scientifiques cités ci-dessus.
Puis je recevrais une dernière lettre recommandée de l’ordre des podologues pour non obéissance aux injonctions contre le Covid, avec interdiction d’exercer à partir du 15 septembre 2021. Je suis ahurie par cette punition ! Jamais personne n’a été déchu de ses fonctions sans avoir commis de faute professionnelle, et en plus dans une période où l’on a tellement besoin de personnel médical. Je ressens une grande amertume aussi quand la CPAM me demande de restituer mes tampons, mes feuilles d’honoraires et mon ordonnancier. Mes médecins, collaborateurs, m’ont vivement incitée à la vaccination puis m’ont abandonnée. Mais je gardais encore l’espoir de reprendre dès janvier 2022.
Ma décision fut très mal acceptée par les patients, les voisins, mes amis et ma famille. Altercations dans les rues ou les magasins, messages anonymes laissés sur mon répondeur, des gens venant même sonner à ma porte pour m’invectiver, me traiter d’irresponsable, m’accuser de vouloir la mort de mes patients… Tout y passe : « Désobéissance inacceptable au président, aux médecins. » – « Qui vous nourrit, vous n’avez pas honte de demander à votre mère ? » – « Si vous sortez dans la rue avec une sacoche on vous dénonce. » – « Ce n’est pas la peine de ré-ouvrir, personne ne retournera chez vous. » Mon répondeur était saturé, je ne pouvais plus écouter. Quelle violence !
Je pleurais aussi parce que la moitié de ma famille a été vaccinée. Ma maman de 78 ans nous faisait tremper les mains dans une bassine de javel diluée, la peur au ventre, je n’étais plus la bienvenue. Isolée dans sa ferme à 4 km du village, était-ce nécessaire pour elle ces injections ?
En libéral on n’a pas droit au chômage. J’ai touché un RSA partiel, avec quelques mois de retard. Plus d’argent, j’ai pioché dans mes économies. On ne s’accorde plus rien, ni soins, ni médecin, ni coiffeur, ni sorties… Il m’a fallu un an avant d’accepter l’aide des restants du cœur (une formidable équipe). Merci, à mes parents, de m’avoir appris à vivre avec très peu.
Moralement c’est très dur, seule avec mes chiens. Je vais dans ma famille un week-end sur deux, j’ai perdu ma dignité, mon estime de soi. Un temps renfermé…
Je ne serai plus jamais podologue après 30 ans de métier
Lorsque j’ai été interdite d’exercer j’ai eu ordre de dispatcher mes patients aux collègues proches et j’ai perdu toute ma patientèle, une trentaine d’entre eux seulement me sont restés fidèles. En plus de la perte de 3 ans de salaire et de 3 ans de cotisations retraite, j’ai donc perdu la vente de ma clientèle, fruit de mes 30 années d’exercice !
Podologue radiée, autoentrepreneur maintenant ! Premier trimestre 2022 je confectionne des portants en bois avec un menuisier et j’ouvre une friperie dame dans mon local de 20 mètres carrés. Submergée 18 mois par le tri, le lavage, le repassage et la couture pour développer ma nouvelle activité, je rame encore à trouver les clientes, mais je ne désespère pas. Notre groupe Réinfo-Liberté Loiret et Aventurine Briare, amies, familles trient leurs armoires, un super élan de générosité ! Réunions, repas partagés pour avancer avec joie transmise par des chansons. Merci à Coco, Céline, Guylène, Agnès et les musiciens. Merci à Lalanne, HK, Ingrid Courrèges, Ridan, leurs engagements fredonnés m’ont permis de tenir debout. Merci à tous les gens bienveillants de mon entourage : mains tendues, paroles réconfortantes, paniers devant ma porte, une carte, une fleur… Je garderai en mémoire cet essentiel.
J’avais conservé mon espace soins dans l’espoir de reprendre partiellement mon métier de podologue, mais le 15 mai 2023 j’ai été interdite d’exercer dans un local partagé. Pourtant à Orléans il y a bien des lieus mixtes comme bar/réparation de vélos, ou coiffeur/antiquaire, mais moi je n’ai pas le droit de faire 3 jours friperie et 2 jours de soins pédicurie par semaine.
J’ai perdu mon statut, ma santé en partie, et j’angoisse pour mon avenir. J’ai 60 ans, je ne peux pas trouver d’emploi salariée ni suivre une formation, je décide de garder ma friperie jusqu’à la retraite. Mais quand ?
Aujourd’hui la médecine s’est dégradée malgré les progrès, elle s’est déshumanisée avec l’informatisation et la priorité donnée à la rentabilité. Nous sommes devenus des numéros, infantilisés, traités sans respect, sans explications, ou si peu. Chaque spécialiste séquence notre corps dans son seul domaine. Il n’y a pas assez de temps pour l’écoute, une nouvelle ordonnance se superposera aux autres, trop de médicaments, trop d’effets secondaires, pas de prévention. Pourtant l’humain est à prendre dans sa globalité, c’est fondamental car tout est lié, notre physique et notre mental vont de pair. Toutes les médecines sont utiles et devraient être complémentaires.
Les grandes écoles plus que la misère forment des tyrans, les riches sont de plus en plus riches et le peuple s’appauvrit, le pouvoir et l’argent comme seul objectif, l’abêtissement de notre jeunesse avec le mirage du portable et la peur provoquée, pour en arriver au grand Reset.
Notre liberté n’est pas négociable. « Les non vaccinés seront les garants de l’humanité » disait le Professeur Montagnier, prix Nobel. Nous gardons espoir que les gens se réveillent et que justice soit rendue sur ce scandale Covid. Nouvelle étape pour moi : défendre mes droits juridiquement.
Evelyne, un maillon de résistance.
Témoignage recueilli en février 2025
