Laurent

Kinésithérapeute (Landes)

« Il n'y a plus de bienveillance. Le système de soin est un système social et doit être un système bienveillant. »

Laurent vit en couple, il a un enfant de 14 ans. Il a pratiqué pendant 10 ans à l’hôpital, puis en libéral depuis 3 ans. Il lui est interdit d’exercer depuis le 15 septembre 2021.

J’aimerais qu’on finisse par tous s’éveiller, un peu comme les Antillais qui défendent leurs positions et qui ont bien compris qu’on était face à un problème autre que sanitaire.

En attendant je ne sais pas vraiment comment je vais faire. Je verrai, je ferai des petits boulots alimentaires et si l’interdiction d’exercer n’est pas levée je vais m’orienter vers quelque chose d’annexe. Je vais me former pour faire des attelles. C’est une petite partie de mon métier, c’est plus dans l’artisanat que dans le soin et ce serait dommage parce que ça fait longtemps que je suis dans le soin, mais c’est un plan B, au cas où tout ça devait durer.

Ça ne me fait pas peur d’aller travailler pour un boulot alimentaire, comme beaucoup. Je vais aussi profiter de ce temps et le consacrer à cette part militante et récolter des informations pour les faire remonter, pour que ça bouge, pour qu’on sorte de cette optique descendante avec la tête baissée devant ces injonctions atroces.

Quand l’obligation est tombée, je m’informais déjà depuis le début sur le Covid. Je consultais les relevés de Santé Publique France, j’ai vu des choses bizarres et tout ce système hyper répressif qui se mettait en place. J’en ai parlé avec mon boss ; je lui ai dit que je savais que ça allait être compliqué de faire tourner le cabinet, mais que je ne me vaccinerai pas. On en a discuté, il comprend complètement mon combat, il a été bienveillant, il voulait juste que le cabinet tourne correctement. J’ai essayé de trouver des remplaçants pour assurer la continuité des soins, parce qu’en plus on est légalement obligé d’assurer la continuité des soins, mais c’est lui qui a proposé une solution. Il voulait faire des orthèses depuis longtemps et il m’a dit que c’était peut-être une opportunité.

Je ne suis donc pas dans un milieu hostile, c’est plus facile à vivre pour moi que si j’étais en milieu hospitalier. Une collègue qui ne voulait pas se faire vacciner a cédé à cause de la contrainte sociale et financière. Un autre l’a fait parce qu’il était assez convaincu depuis le départ. Et les deux autres l’on fait aussi, sans être vraiment d’accord mais de manière assez naturelle, genre il faut le faire on y va, sans se poser plus de questions que ça.

Dans la population, ce qui m’énerve c’est la complaisance. C’était bien à un moment d’applaudir les soignants, ça faisait bien de défendre les valeurs, mais en fait ce n’était pas vraiment la défense des valeurs, c’était une façon de se réconforter par un semblant d’union nationale, mais maintenant qu’il faudrait vraiment défendre tout ça et bien non, complaisance avec tout ce qu’il se passe, ça ne les intéresse pas. Et ce qui est fou c’est le paradoxe du libre choix. Les gens te disent « Non mais c’est ton choix » et ce n’est même pas qu’ils le disent en toute bonne foi, c’est qu’ils n’ont même pas pris le temps d’y réfléchir. Parce que c’est couteux de réfléchir, il vaut mieux faire ce qu’on a à faire pour être tranquille. Pour les gens, l’essentiel c’est d’être tranquille.

Tout ça me rappelle quand j’étais militaire. On te donne une injonction, puis une injonction contraire, ce qui fait que tu ne sais plus trop ce qu’il y a à faire et donc tu attends. Tu es toujours en attente et le fait d’être toujours en attente est toujours asservi à ce qu’on va te dire de faire. Au bout d’un moment tu ne réfléchis plus, tu attends juste qu’on te dise. C’est comme ça qu’ils construisent l’autorité, tu attends jusqu’à ce qu’on te dise « tu fais ça » et plus rien n’est absurde, à gauche, à droite, on t’a dit de faire quelque chose et puis finalement « Non c’est pas ça, on va faire ça ». Il y a une maxime qui dit « Quand arrive l’ordre, attends toujours le contre ordre ». Et c’est ce qu’il se passe. Le but c’est qu’à partir d’un moment tu fais juste ce qu’on te dit de faire, parce que c’est trop couteux de lutter contre ça un jour, de lutter contre le contraire le lendemain et de trouver de la cohérence dans tout ça, parce qu’en fait, la cohérence, il n’y en a pas. Et ça permet de t’amener à être toujours en attente des ordres, sans initiative, sans réflexion.

Il y a quelque chose d’un peu mou dans le comportement général, mais le prix de cette mollesse il est quand même cher. Moi je ne l’accepte pas, pour les enfants. Je n’arrive pas à l’avaler. Et ça m’a fait du bien de voir les interviews des Guyanais et surtout des Martiniquais, des jeunes parents qui participaient à une émission et qui disaient : « Ils sont en train de tuer nos enfants, tu entends ce que je te dis, ils sont en train de tuer nos enfants, alors tu peux me dire que le ministre vient… Mais ils sont en train de tuer nos enfants ! Tu comprends ? » Les journalistes aussi défendent leurs enfants, leurs croyances, ils défendent même leur système de santé. En France métropolitaine on n’est plus capable de défendre quoique ce soit, à part sa propre petite autonomie chez soi.

On a pourtant des choses à défendre. Mais pour ça il faut d’abord s’informer, récolter les données scientifiques, trouver les bons articles, les documents officiels. Et plus tu cherches, plus tu t’aperçois que beaucoup de ce qu’on nous dit ne sont que des injonctions et pas des faits scientifiques. Dès que tu creuses, tu trouves. Non mais vraiment, dès que tu creuses, tu trouves !

Dès le début du Covid, j’ai suivi les données de santé publique et j’ai bien vu que tout ça était surdimensionné par rapport à la réalité. Ce n’est même pas cohérent, il n’y a plus de logique médicale, il n’y a plus de logique de soins. Et surtout il n’y a plus de bienveillance. Il y a quand même quelque chose d’important dans le système de soin, c’est qu’à l’origine c’est un système social et ça doit être un système bienveillant, c’est « Pour le bien de… ». Et là on est dans autre chose, c’est « Tu as ou tu n’as pas ». Si tu as, tu auras droit. On n’est plus dans la bienveillance là. Normalement, quiconque arrive dans un organisme de soins doit être pris en charge, c’est dans mon code de déontologie, c’est dans le code de déontologie du soignant, mais on ne le respecte plus. C’est « Est-ce que tu as ou tu n’as pas la vaccination ? » Et en plus, là c’est prouvé, on en est à la 3ème dose et ça ne marche pas ! Mais il y a cette logique absurde qui dit que comme c’est prouvé que ça ne marche pas, il faut continuer ! C’est hallucinant ! Et en fait ça fonctionne.

Leur vaccin, je le refuse parce que c’est un mauvais produit qui ne marche pas. D’un point de vue médical ça devrait être simple, c’est un mauvais produit qui ne marche pas ! Donc je le refuse. Et à partir du moment où on te force à le faire et qu’en plus ton avenir professionnel en dépend, ça devrait poser question. C’est la première fois dans l’histoire contemporaine qu’on interdit aux gens l’accès à des lieux publics, ou d’exercer leur métier en leur coupant les vivres, pour UNE injonction, par rapport à UN produit. C’est fou, il se passe quelque chose de fou. On est au-delà de toutes les lois européennes, au-delà de tout ! Ce vaccin, par rapport aux droits humains, par rapport à la démocratie, par rapport aux valeurs dans lesquelles je me suis développé, c’est absurde.

Mais c’est parce qu’en France le système de soin fonctionne sur injonctions. C’est un système hiérarchisé de déresponsabilisation à chaque échelon, où chacun va sortir son parapluie pour ne pas avoir d’embrouille. Le moindre petit chef sort son parapluie pour ne pas être embêté et donc si on lui a dit de faire ça, il ne va pas aller contre. On reçoit des directives de la DGS (Direction Générale de la Santé). On ne t’explique pas ce qu’il se passe, mais on te dit juste ce qu’il faut faire, on te dit : « À partir de là, il va falloir faire la deuxième dose, puis la troisième dose ». On te donne les modalités, mais on ne t’explique pas pourquoi, on ne te donne pas d’études.

Il y a un organisme, la DGS, qui dit que c’est bon, mais dès qu’on creuse un peu on trouve un vide. Ils se servent de données qui ne sont pas vraiment valables, d’études qui ne marchent pas et même dans la logique ça ne va pas. Par exemple, l’étude EPI-PHARE sert de référence à la vaccination et elle conclut que la vaccination protège des formes graves pour les plus de 50 ans. Déjà la méthodologie peut être attaquée, mais surtout ils mettent en avant une étude qui concerne les plus de 50 ans pour vacciner tout le monde, pour nous avoir tous confinés, tous interdit d’accéder aux institutions, puis interdit de travailler. Là il faut arriver à avaler la logique et à la faire passer… Mais ça passe !

Cette stratégie vaccinale pouvait s’envisager au départ, quand on ne savait pas, quand on avait peur, mais elle est injustifiable maintenant. Elle ne se justifie que par les investissements faramineux et les enjeux financiers. Donc il y a autre chose. Ce n’est pas une crise sanitaire, c’est une crise politique et c’est dur à digérer.

J’aimerais tellement qu’on soit tous Martiniquais ou Guadeloupéens, parce qu’ici les gens n’ont même plus envie de se défendre. Moi, je ne peux pas tolérer qu’on vaccine mon fils alors qu’il court plus de risques à se faire vacciner qu’à attraper le Covid. On ne peut pas l’accepter, moi je n’y arrive pas. Et on est de plus en plus nombreux…